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mardi 16 juillet 2013

L'arête Küfner au Mont Maudit (4465 m) avec Michel.

Quel joie de pratiquer le métier de guide de haute montagne toute l'année. Et quel joie d'emmener ses clients sur de belles courses comme celle ci.
Le beau temps était avec nous et les conditions aussi, cette course fut que du bonheur.
Mon client Michel ça fait trois ans que l'on se connait, nous avons fait de belle courses chaque année (Traversée charmoz-Grépon, la lépinay au Trident du Tacul et la traversée de la Meije). J'ai de la chance avec lui car il a beaucoup d'exigences quand au choix des courses. C'est simple il lui faut les plus belles dans un niveau "Difficile". Le choix est large et seules les conditions nous font choisir.
Nous avions projeté de faire le couloir Couturier à l'Aiguille Verte, mais les conditions n'étaient pas toutes réunies pour offrir une ascension "confort". J'ai préféré lui choisir cette belle envolée.

Comme le refuge Torino était plus que complet, nous sommes allés dormir au refuge des Cosmiques.
Ce n'est pas plus mal car on y mange et on y dort beaucoup mieux que son voisin d'en face.

La nuit fut courte et le regel assez bon ce qui nous permis de rejoindre le couloir sous le col de la Fourche en 1h30. Pour moi, cette course part d'ici, hors de question d'aller prendre le raccourci de l'attaque directe.
Un quart d'heure plus tard nous sommes sur l'arête et la traversée peut commencer.
 Il y a du monde ce jour là, une dizaine de cordées. Ceux partis du bivouac de la Fourche sont devant et ceux partis de Torino ou des Cosmiques ont choisi de shunter par le couloir de l'attaque directe. Nous nous retrouvons donc seul dans la nuit.
Très vite nous arrivons là ou l'arête se redresse nettement et rejoignons les cordées ayant pris le couloir direct. Chose étonnante, tout le monde à sorti le matos de goulotte, c'est-à-dire, paire de piolets de cascade techniques, leash et gros jeu de friends!!! Mais pourquoi ? Cette course ouverte en 1887, nécessite-t-elle autant de matériel ? Je ne comprends pas, Michel et moi, nous avons un bon piolet droit classique et 5 friends et je vous assure que nous étions bien mieux pour progresser en enfonçant le manche dans la neige que la plupart des autres cordées qui frappaient la neige à tout va pour trouver un ancrage fiable.

Nous arrivons à une belle arête cornichée en forme de demi lune, au pied du gendarme de l'Androsace. Tout le monde s’affaire dans la traversée versant Brenva, ça bouchonne et nous, nous tirons tout droit pour gravir cette belle tour qui n'a pas l'air simple au premier regard. En fait il s'agit de pas en 4c qui sont tout à fait dans les cordes de Michel.
 Nous nous retrouvons à nouveau seuls.
Quel beau pilier, nous prenons de la hauteur et arrives au sommet nous avons la vue sur le reste de l'arête à parcourir.
Je change l'anneau de rappel et enchaîne sur un bon rappel de 25 mètres qui non sans mal me refait prendre pieds sur une arête cornichée. En effet une courte escalade en traversée sous la corniche de neige fut le crux de cette course.
Nous poursuivons l'ascension jusqu'à l'épaule ouest du Tacul en laissant derrière nous l'Androsace. La suite plus facile nous mène au sommet vers 9h00.
Michel mal acclimaté va vite retrouver sa pêche un peu plus bas dans la descente et surtout beaucoup plus au bar à Chamonix devant une bonne bière.

mardi 21 mai 2013

Face Nord du Râteau : Voie Cambon - Francou




Ça y est, l'appel de la montagne est trop fort ...
On décide avec "Mémé" de faire une petite visite au Râteau. Et on prend la voie Cambon - Francou comme défouloir

On se renseigne auprès de quelques répétiteurs mais il nous en apprennent autant que le topo. Les sacs sont près, nous sommes à La Grave, il est 15h30, le soleil brille, il fait très chaud. On se dit qu'on fait bien de se mettre au frais demain, avec cette canicule qui nous plombe.
Nous voulions dormir dans le resto à 3200m, mais une surprise nous attend, l'aide cuistot du resto à invité quelques potes pour une soirée bien arrosée. Nous dormirons au final dans la gare du téléphérique, plus au calme.
Elles sont belles, non ?
Une fois le repas avalé nous nous endormons paisiblement, le réveil est prévu pour 3h30 le lendemain.
Nous partons vers 4h20 après avoir rangé toutes les affaires et laisséles skis au resto, des fois qu'on rate la benne...
Ah oui j'ai oubliéde dire que demain la météo est horrible, neige iso 0°C à 1000m, du coup il ne faut pas traîner.
Nous accédons aux pans de rideau et vers 6h00 on attaque à remonter les pentes qui mènent à la rimaye.
Première frayeur lorsque voulant la franchir un bon "WOUUF" se fait sentir. Une belle fissure de 5 mètres de long se trouve juste au dessus de nous. On la franchit un peu plus loin et là rien ne bouge, sauvés.
Le tracé du topo est peu précis et nous décidons de nous diriger vers un grand dièdre gris clair de 120 mètres. Et oui armé de nos piolets et crampons, c'est là ou nous nous sentons le plus à même de grimper rapidement. Il s'avèrera que c'était plus à droite, dans des dalles compactes.

Ce dièdre se déroule en 4 longueurs, il y a des fissures mais aussi de bons blocs à éviter afin de ne pas finir écrasés. Ça grimpe dur dans chaque longueur, mais sans être extrême.
On fini par retrouver le bon cheminement en haut de la première tour. La suite parait beaucoup plus sain et la grimpe est très agréable.
On sort à la deuxième tour et la longueur avec la "crête de coq" est très impressionnante car la neige est bien présente dessus.
La suite fut mémorable arrivés sur l'arête faîtière du Râteau.
Normalement le retour, en été, est assez rapide et facile, il suffit de descendre un peu côté sud et de traverser sous l'arête pour rejoindre le col de la Girose.
Mais avec toute cette neige humide en face sud, c'est juste mission impossible.

Mémé parvient à tirer une longueur en traversée de 50 mètres en une heure, je le rejoins, non sans mal. Des coulées de neige lourde partent sous les pieds, nous n'avons aucun bon ancrage, je tombe 2 fois en second. Mémé me crie dessus en me disant que je ne dois pas tomber car le relais qu'il à fait est plus que moyen, mais je donne tout pourtant...

Dans ma tête il est impossible de continuer comme cela.

A cela il faut rajouter le mauvais temps qui vient sur nous à grand pas. On ne l'avait pas vu venir, il était prévu pour le lendemain et nous sommes à présent dans un épais brouillard.
Une fois arrivé à lui et profitant d'une éclaircie nous décidons d'un commun accord de nous faire hélitreuiller au vu des conditions et du mauvais temps prévu pour demain qui est déjà en train de nous arriver dessus.
En effet il nous fraudait bien 6-8 heures pour faire cette satanée traversée jusqu'au col et nous ne voulons pas finir comme les Italiens perdus dans le mauvais temps à la Barre des Ecrins et nous retrouver un peu refroidis.
La suite s'enchaîne vite, il faut remonter en artif à l'arête afin que l’hélico nous récupère plus facilement.
Il arrive et nous sommes évacués très rapidement, ouf.

Après cela c'est notre fête arrivés à La Grave, tout le monde est déjà au courant et nous devons payer notre tournée pour ne pas nous faire huer sur la place du téléphérique.

Enfin bon, plus de peur que de mal.
Nous aurions du partir un jour plus tôt pour pouvoir nous garder un peu plus de marge par rapport à ce mauvais temps de vendredi, mais les expériences sont toujours bonnes à prendre lorsque ça finit comme cela.


jeudi 20 décembre 2012

Première sur l’Aguja Standhardt via « Tomahawk » et « Exoset » en libre à la journée !!!

Eh oui, la cordée de sudistes à encore frappé. Cela faisait une dizaine de jours qu’on tournait en rond à El Chalten à regarder la météo.

Jeudi 11 : Nous sommes allés repérer l’approche jusqu’au camp avancé de «Nipo Nino» au pied de la face Est du Cerro Torre  et faire une dépose de matos pour la prochaine fenêtre de beau. 6h00 de marche plus tard, nous sommes au camp, mais il pleut, nous faisons demi tour sans avoir rien vu autour de nous.
C'est bien de repérer l'approche
 Par contre repérer cette marche sera un bonus pour la prochaine fois car il s’avère que le chemin le plus rapide est loin d’être évident. Retour en 4h30, on est bien fatigué, mais au moins le matos est là-haut, la prochaine fois on ne montera que la nourriture.
La marche jusqu'à Nipo Nino
5 jours se passent avant qu’une éclaircie arrive, on est dans les starting blocs. Mardi 16, nous montons dans la matinée au camp avancé. Au début la vue est dégagée, mais ça se couvre vite et des nuages nous cachent la vue à la moitié de la face. Arrivés au camp nous hésitons encore ; si nous basculons en face Ouest pour tenter la « Ragni » au Cerro Torre.

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Il est tombé beaucoup de précipitation et la neige est bien présente.  De plus, cela fait 20 jours que personne n’à essayé la voie ; du coup l’approche au pied de la face Ouest peut prendre 10h00 facilement, à brasser dans 50cm de neige fraîche. Après il faut bien compter 12h00 de grimpe sans compter le temps qu’il faudra pour creuser le tunnel de la dernière longueur clé (le fameux champignon en glace-givre). Après cela il faut redescendre en rappel et remonter le col Standhardt et rejoindre le camp, environ 10h00. Bref, on n’est pas couché et la météo annonce plus ou moins 36 heures de beau sans trop de vent.
La vue depuis le camp avancé sur le Fitz Roy et ses satellites
Après moult concertations et discussions avec d’autres cordées, nous décidons de ne pas tenter le Cerro Torre ce coup-ci, c’est un peu juste. Il faut savoir qu’en Patagonie on ne peut pas jouer avec la météo car personne ne viendra nous chercher. Beaucoup se sont fait avoir et ne sont plus là pour en parler.
Il nous reste encore 15 jours d’expé, on opte donc pour une solution de repli. Je pars en direction du fond de la vallée pour repérer s’il y a des traces et voir à quoi ressemblent les faces et diverses goulottes. 
Ben reste au camp et soigne ses ampoules.
Le col Standhart et la ligne de Tomahawk, complètement à gauche

Je mitraille les différentes faces pour ramener de quoi réfléchir avec Ben. 
Une ligne me saute aux yeux mais ça va être dur. 
Entre temps plusieurs cordées redescendent du col Standhardt. 
Ils ont tous essayé la voie « Exoset » et butté à la première longueur. Apparemment une fissure pleine de glace les ont fait rebrousser chemin.

Je rentre au camp et on analyse les différentes options. 
Première option essayer « Exoset » et  franchir l’obstacle de la première longueur, ça nous parait l’objectif le plus facile à réaliser pour assurer une voie.

Deuxième option, bien plus intéressante : partir dans une goulotte bien plus bas que le col, « Tomahawk » et enchaîner directement « Exoset » à sa sortie. 
Ça fait une ligne directe et logique vers le sommet mais ce n’est pas la même affaire. 
800 mètres de goulotte raide avec environ 5 longueurs entre le grade 5 et 6, et le soleil qui arrive dessus à 6h00 du matin !!! Il va falloir partir tôt si on veut faire doublette.

Il est 17H00, on mange et on va se coucher, réveil prévu 21h40 pour partir en début de nuit, c’est tout décidé : demain on se fait une pure journée de goulotte.

Le réveil sonne il fait toujours jour, Ben comme à son habitude ronchonne et attends que le petit déjeuner soit prêt pour se lever (Quel fouine celui là !!). 
Ça y est, on est fin prêt, sac sur le dos, le ventre plein, nous partons vers 22h30 à l’assaut de l’aiguille Standhardt. 
On profite d’un regèle moyen mais la trace est faite, on avance bien et en 2h30 on est au pied de « Tomahawk ». La première longueur est pas très engageante et paraît très délicate et super raide, Ben se propose pour se dur labeur. Dans ma tête je me dis "ouf ce n’est pas moi qui vais me faire peur de bon matin". Il est 1h00 du matin, il fait nuit noir.

En effet, 1h15 plus tard Ben arrive au relais, il a tout donné. Du bas des plaquages foireux et des protections moyennes faisaient froid dans le dos, mais Ben léger et technique a déjoué les pièges de cette cheminée dièdre. 
Je pars à mon tour dans cette longueur et très vite mon sac à dos me tire en arrière, c’est sacrément raide. 10 mètres plus haut je vois le petit sac à dos de Ben accroché à un point. 
Me voilà avec deux sacs en train de me hisser sur des plaquages de neige glace décollés. Tout s’écroule sous mes pieds et piolets je suis à deux doigts de tomber, mais Ben assure sec. Arrivé en haut, je salue l’artiste et le remercie d’être passé en tête.

A mon tour. La suite parait plus facile mais on ne voit pas tout. Sur le topo il est indiqué que la prochaine longueur est en grade 6. 
50 mètres plus loin je fais relais au pied d’une immense longueur de glace raide ; je crois que c’est plutôt celle là le grade 6. 
Ben me rejoins et je lui propose de la faire. Il ne s’y oppose pas, bien au contraire : ses bras sont encore en vibration après sa belle prestation.
Le grade 6 easy
La longueur est plus impressionnante que dure, il s’agit d’un dièdre assez fermé, avec de la glace sur la partie droite. Du coup je me repose contre le mur derrière moi, et cette longueur n’est en fait qu’une formalité. Je mets plusieurs broches à l’aide des deux mains, en opposition entre le rocher et la glace, dément ! La suite déroule pas mal et nous arrivons rapidement sur les grandes rampes de neige que l’on avale, en corde tendue. 
Je fais la trace sur 200 mètres, en passant 2 ressauts faciles.
Les rampes faciles
Ben prend la suite pour arriver au pied d’« Exoset ». Il est 7h00 et la goulotte prend le soleil depuis plus de trois quarts d’heure. Beaucoup de petits morceaux de glace tombent en continu, mais rien d’alarmant.

On décide de continuer coûte que coûte, en faisant que des longueurs de 60 mètres, afin d’aller le plus vite possible. Cette goulotte est vraiment une raie des fesses, c’est très pur comme ligne et d’une raideur incroyable. Parfois nos épaules touchent les 2 murs verticaux de part et d’autre, hallucinant !
Ben est juste assez large
Ça parpinne de plus en plus et c’est tête baissée que nous grimpons et assurons. Ça tombe en permanence ; en gros c’est la guerre. 
Ben me fait tomber un bon bloc de rocher en plein milieu du casque. J’ai enfin testé ce nouveau casque ultra light de Petzl, le « Sirrocco ». Eh bien à présent, je lui fais confiance à 100%. Ça m’a bien secoué la tête et le casque va sûrement finir sa vie en Patagonie ou dans ma vitrine de salon.
Une pure goulotte
La glace commence à présent à bien ramollir, et ça pleut littéralement dans la goulotte. Mais les longueurs sont toutes aussi raides ; plus on monte et moins on se prend des chutes de glace. Les deux dernières longueurs nous paraissent interminables, nos bras n’en peuvent plus et nous sommes trempés. 
Au relais on lutte pour se réchauffer ou plutôt réchauffer nos vêtements imbibés. L’eau coule le long de nos piolets puis des gants et enfin entre par la manche quand on a le bras tendu en l’air pour grimper, abominable.
Sa mouiiillllle !
On arrive enfin au petit col, nous sommes exténués.  La longueur suivante, pour atteindre la neige glace qui forme le sommet, est horriblement dalleuse. On n'a plus la force de nous battre ; nous pensons même à redescendre. 
Le temps de se réchauffer et de manger un saucisson et un peu de fromage, la motivation remonte. C’est trop bête de butter là ; on en a trop chié pour renoncer aussi haut.
Saleté de dalle ; on a failli buter
A nouveau Ben se lance pour un ultime combat. 45 minutes plus tard et quelques assoupissements inattendus de ma part, il crie victoire, car la suite est plus facile, et surtout il voit le sommet, hourra. Je le rejoins en quatrième vitesse et enchaîne une traversée en neige et glace de 100 mètres, on est au pied du champignon sommitale. Je laisse l’honneur à Ben de se régaler avec cette formation si originale et tant attendue. On vit un rêve d’alpiniste.
Ben au pied du champi
8 mètres plus haut c’est le sommet, ça y est ; on est en haut de l’aiguille Standhardt.
Encore un sommet de plus : )
La vue est magique, on à l’impression de pouvoir sauter sur le Cerro Torre tellement ça a l’air proche. On le dévore, l’analyse sous toutes les coutures, on s’en imprègne, c’est sûr celui là il nous le faut.
Cerro Torre, on t'aura

Nous commençons la descente, tous les rappels vont se dérouler normalement
Les rappels
et vers 20h00 nous sommes de retour à la tente. Tout c’est déroulé comme sur des roulettes.

Un poil défoncé mais surtout brûlé vif
De retour à El Chalten on parle de cette voie à plusieurs personnes et apparemment c’est la première fois que les 2 goulottes se font à la journée. Normalement les cordées bivouaquent au pied d’« Exoset » pour ne pas être trempées. 
De plus nous avons commencé Tomahawk par une nouvelle longueur et en libre. Le tracé du topo original prends en L1, une rampe en 5+ et un peu d’artif. Nous sommes passés tout droit, sous la goulotte. 
Nous avons donc signé la première ascension en libre à la journée de cette connexion, ça fait toujours plaisir, non !!!

mercredi 30 novembre 2011

Couloir nord des Drus, en libre ...

Les Drus, un peu plus gris chaque jour mais bien moins que demain

Cette course fait le buzz en ce moment, car quelques cordées l'ont parcouru. Et pour moi, c'est un vieux rêve : c'est la course dont je rêve depuis que j'ai commencé le mixte en montagne.

Comme d'habitude, j'appelle Ben Guigonnet, mon acolyte de toujours en montagne, mais il n'est pas très chaud pour se cailler le cul en montagne. En ce moment il travaille des 8c vers Nice et il n'a pas fait de montagne depuis septembre. Pour ma part, je n'ai pas mis les pieds en montagne depuis le 8 juillet, suite à ma double entorse, mais cela me titille depuis que j'ai recommencé à grimper en dry tooling.

Je mate la météo et il fait beau encore 3/4 jours, je chauffe à blanc mon pote et finalement il craque. On se donne rendez-vous à 11h devant la gare du Montenvers le mardi et c'est parti.
Le train nous emmène sur la Mer de Glace et nous partons à pied au pied des Drus pour bivouaquer. 3 heures après nous arrivons au bivouac. On prend le temps de faire de l'eau, de s'installer correctement et nous croisons Éric Jamet et un pote à lui qui redescendent du couloir nord. Éric a libéré la voie en 14h30 aller-retour et il trace sur Chamonix, car il doit bosser le lendemain. On prend des renseignements de dernière minute, car (comme d'habitude) on a oublié le topo, puis on se couche.
Le lendemain réveil 3h00 et départ 3h30, la nuit noire nous entoure mais on est bien réveillé. On suit les traces des cordées précédentes, qui nous amènent tranquillement à la rimaye qui ne pose pas de problème. Le mixte pour arriver au pied des difficultés n'est pas très raide, mais il faut s'appliquer, car les protections sont éloignées. Il fait encore bien nuit quand nous arrivons au pied de la première longueur dure, la fissure Nominé, qui se fait normalement en artif. Ben me laisse la priorité, car je me sens chaud pour la libérer. Au programme, une fine fissure, très raide, de 40 mètres avec une 20aine de pitons en place. Petit hic, on a pris seulement 8 dégaines pour être plus light...
La fameuse en artif, A1, ou en libre M7/8

Au bout de 30 minutes d'efforts et de zippettes intempestives, j'enchaîne cette longueur mythique en libre, sans crocheter un seul piton : je tiens à le préciser, sinon c'est triché. Mes bras sont chauds et le moral est au plus haut. Avec Ben on propose une cotation entre M7 et M8, à confirmer avec les prochains répétiteurs.
Ben s'occupe de la longueur qui suit, en M5 environ, qui ne pose pas trop de problème.
Ben se frise avec cette belle fissure à piolet

Puis je me fais la dernière longueur, dure, qui rejoins le couloir en glace. Cette longueur ma posé un peu de soucis, car une écaille décollée, proposant une fissure large, ne permet pas de grimper détendu. Il a fallu grimper quelques mètres à main nues pour en venir à bout (M6).

Nous voilà sur l'autoroute glacée qui mène au col entre le grand et le petit Dru. Un peu de crapahute en granit
le passage en "S"
et nous voilà au sommet du petit Dru, pour faire la bise à la vierge qui veille sur la vallée de Chamonix. Il est 13h30 !!! Dis donc Ben, on n'a pas traîné, encore une fois...
B'jour Mam'selle

Quelques photos plus tard et nous voilà en train de redescendre en rappel, dans la directe du couloir nord. Bien qu'en rappel, ça fout la frousse cette ligne, mais ça à l'air d'être dément à faire : 200 mètres de technique, absolument vertical, voire un poil déversant. C'est tout ce qu'on aime.
Raide la directe ...

16h00, l'heure du goûter, ça tombe bien on est de retour au bivouac. Ben fait péter un lyoph ...

mardi 23 novembre 2010

Zion national parc le paradis des parois de gres

Zion, le paradis comme son nom l'indique.

Ici les voies font entre 100 et 500 mètres de haut. Pour faire simple ces grandes voies sont un empilement de belles couennes que l'on peut retrouver à Indian Creek, mais avec l'engagement et le gaz en plus.


Les falaises sont quasiment aussi grande que dans la vallée du Yosemite mais avec une concentration plus importante. Le couleurs sont hallucinantes, on passe du rouge à l'orange puis au blanc-beige, énorme.
Zion National Park

Le contraste des couleurs de cette vallée en fait un repère très convoitée des photographe du monde entier.

On est toujours 6 guides ou aspis à grimper et on se répartis les voies à faire. Nous avons commencer par "Monkeyfinger" avec Ben et Juju, une voie 3 étoiles sur 4

"Monkeyfinger" la ligne de fissure du milieu

9 longueurs entre 5+ et 7a+. Ben c'est chargé des longueurs dur à doigt et avec Juju on a fait le reste. Au final une voie assez dure et très belle, on la recommande.
6a !!!
Juju se régale en 5ème longueur dans "Monkeyfinger"
Le lendemain on se fait "Shune's Buttress", un must du coin de 8 longueurs entre 6a et 7a. On n'a pas été déçu, toutes les longueurs sont belles et il y a de tout, des dièdres...

des cheminée, des offwidth, et des fissures parfaites dans des murs lisses.

Et cerise sur le gâteau, avec la dernière longueur de 50 mètres en 6a fantasmagorique, juste parfaitement belle, que du bonheur.
du pure bonheur, je vous dis
Au troisième jour, le réveil est un peu rude et nos corps endolorie et un peu anesthésiés ne répondent plus trop au commande, c'est décidé aujourd'hui ce sera farniente, boutique et café.
Juju à l'attaque de L7 dans "Shune's Buttress"
Sur Internet, on prends la météo et apparemment les jours prochains vont être pluvieux ... On hésite entre rester ici et zoner en espérant une fenêtre clémente ou l'attrait d'aller voir comment est "Red Rock's" vers Las Vegas. Entre les deux nous hésitons mais je crois que plusieurs gai lurons veulent aller reposer leur moral sur des spits en dévers et se laisser tenter par la ville du vice

vendredi 4 décembre 2009

Encore un peu de fissure

Et oui je n'en pas eu encore assez, alors dès que j'ai pu récupérer des infos sur ce fameux site de fissures en grès près d'Annot, je m'y suis rendu avec tous les friends que j'ai pu récupérer autour de moi.
Et là surprise, c'est dur comme aux US, et ça fait mal pareil, cooool. Le truc qui différencie, c'est que c'est plutôt du grès blanc et que le grain est très gros. Du coup çaa râpe les doigts bien comme il faut. Il y a une quarantaine de voies entre le 5c et le 7b/c et tout est respecté : aucun spit dans les longueurs, sauf quand il est impossible de se protéger à l'aide des outils traditionnels. Le topo peut se trouver, si on sait à qui le demander (3€ au magasin "la dégaine") pour 5 pages. Plein de fissures à découvrir et où il est possible de se régaler, de suer, de se coincer, comme de trembler. Voilà un bon petit spot pour apprendre à grimper comme aux US, même si rien ne peut être l'équivalent d'Indian Creek ! Au pied de la voie c'est les friends au cul et qu'un seul objectif : essayer de faire rentrer cette put... de main, toujours plus profond, dans cette fissure, toujours trop petite, et d'avancer, sans jamais rien lâcher. Le petit truc en plus ici, pour les débutants, c'est qu'il est possible de truander quelque peu, si l'on est fort en bloc. En effet, de petites prises ou trous sont souvent présents à côtés des fissures. Pas de partout, mais dans certaines voies cela peut aider.

Ici la grimpe n'est pas à 100% en verrous, du coup c'est plus soft qu'aux US.
Mais n'hésitez pas a prendre 5 jeux de friends, même dans les grosses tailles (numéros 5 camalot par exemple). Alors voilà un nouvel espace de jeu pour nous ! Petits humains en mal de bonne grimpe masochiste.