Affichage des articles dont le libellé est coinceurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est coinceurs. Afficher tous les articles

mercredi 26 février 2014

Goulotte "Vent du dragon" à l'aiguille du midi

Encore un client motivé pour faire de la glace mais en montagne. C'est donc à Chamonix qu'est donné le rendez-vous.
L'option de départ était de partir avec la première benne mais la neige tombé la nuit nous oblige à attendre l'ouverture du téléphérique de l'Aiguille du Midi pendant 1h30.
Le topo
Un café et pas mal de collègue rencontré plus tard, nous voici dans la benne. Il fait grand beau et nous nous dirigeons vers la passerelle pour enquiller les 5 rappel permettant d'accéder à la goulotte"Vent du dragon"
Ambiance freezer
Une cordée de Suisse est juste devant nous et va nous faire perdre pas mal de temps. Mais nous avons le temps puisque nous dormirons au refuge des Cosmiques.
La goulotte est assez sèche et le caillou est bien présent mais l'essentiel est qu'il fasse beau et que mon client Florian soit en forme.
L'attente derrière les Suisse va provoquer chez Florian Quelques douloureuse onglée quasiment à chaque longueur.
Le rocher tout givré procure une belle ambiance hivernal et quelques passages originaux assure une belle journée de grimpe dans cette goulotte très esthétique.
Au final c'est assez raide et quelques passages sont aérien à souhait.
 L'arrivé sur l’arête des Cosmiques parfait cet itinéraire complet.

On en aura pris plein les yeux toute cette journée.
Maintenant nous rejoignons le refuge pour passer une bonne nuit afin d'attaquer le lendemain dans une autre goulotte.
Nous seront finalement seul au refuge avec la gardienne Laurence qui nous aura préparer un repas digne d'un chef étoilé.


mardi 16 juillet 2013

L'arête Küfner au Mont Maudit (4465 m) avec Michel.

Quel joie de pratiquer le métier de guide de haute montagne toute l'année. Et quel joie d'emmener ses clients sur de belles courses comme celle ci.
Le beau temps était avec nous et les conditions aussi, cette course fut que du bonheur.
Mon client Michel ça fait trois ans que l'on se connait, nous avons fait de belle courses chaque année (Traversée charmoz-Grépon, la lépinay au Trident du Tacul et la traversée de la Meije). J'ai de la chance avec lui car il a beaucoup d'exigences quand au choix des courses. C'est simple il lui faut les plus belles dans un niveau "Difficile". Le choix est large et seules les conditions nous font choisir.
Nous avions projeté de faire le couloir Couturier à l'Aiguille Verte, mais les conditions n'étaient pas toutes réunies pour offrir une ascension "confort". J'ai préféré lui choisir cette belle envolée.

Comme le refuge Torino était plus que complet, nous sommes allés dormir au refuge des Cosmiques.
Ce n'est pas plus mal car on y mange et on y dort beaucoup mieux que son voisin d'en face.

La nuit fut courte et le regel assez bon ce qui nous permis de rejoindre le couloir sous le col de la Fourche en 1h30. Pour moi, cette course part d'ici, hors de question d'aller prendre le raccourci de l'attaque directe.
Un quart d'heure plus tard nous sommes sur l'arête et la traversée peut commencer.
 Il y a du monde ce jour là, une dizaine de cordées. Ceux partis du bivouac de la Fourche sont devant et ceux partis de Torino ou des Cosmiques ont choisi de shunter par le couloir de l'attaque directe. Nous nous retrouvons donc seul dans la nuit.
Très vite nous arrivons là ou l'arête se redresse nettement et rejoignons les cordées ayant pris le couloir direct. Chose étonnante, tout le monde à sorti le matos de goulotte, c'est-à-dire, paire de piolets de cascade techniques, leash et gros jeu de friends!!! Mais pourquoi ? Cette course ouverte en 1887, nécessite-t-elle autant de matériel ? Je ne comprends pas, Michel et moi, nous avons un bon piolet droit classique et 5 friends et je vous assure que nous étions bien mieux pour progresser en enfonçant le manche dans la neige que la plupart des autres cordées qui frappaient la neige à tout va pour trouver un ancrage fiable.

Nous arrivons à une belle arête cornichée en forme de demi lune, au pied du gendarme de l'Androsace. Tout le monde s’affaire dans la traversée versant Brenva, ça bouchonne et nous, nous tirons tout droit pour gravir cette belle tour qui n'a pas l'air simple au premier regard. En fait il s'agit de pas en 4c qui sont tout à fait dans les cordes de Michel.
 Nous nous retrouvons à nouveau seuls.
Quel beau pilier, nous prenons de la hauteur et arrives au sommet nous avons la vue sur le reste de l'arête à parcourir.
Je change l'anneau de rappel et enchaîne sur un bon rappel de 25 mètres qui non sans mal me refait prendre pieds sur une arête cornichée. En effet une courte escalade en traversée sous la corniche de neige fut le crux de cette course.
Nous poursuivons l'ascension jusqu'à l'épaule ouest du Tacul en laissant derrière nous l'Androsace. La suite plus facile nous mène au sommet vers 9h00.
Michel mal acclimaté va vite retrouver sa pêche un peu plus bas dans la descente et surtout beaucoup plus au bar à Chamonix devant une bonne bière.

mardi 21 mai 2013

Face Nord du Râteau : Voie Cambon - Francou




Ça y est, l'appel de la montagne est trop fort ...
On décide avec "Mémé" de faire une petite visite au Râteau. Et on prend la voie Cambon - Francou comme défouloir

On se renseigne auprès de quelques répétiteurs mais il nous en apprennent autant que le topo. Les sacs sont près, nous sommes à La Grave, il est 15h30, le soleil brille, il fait très chaud. On se dit qu'on fait bien de se mettre au frais demain, avec cette canicule qui nous plombe.
Nous voulions dormir dans le resto à 3200m, mais une surprise nous attend, l'aide cuistot du resto à invité quelques potes pour une soirée bien arrosée. Nous dormirons au final dans la gare du téléphérique, plus au calme.
Elles sont belles, non ?
Une fois le repas avalé nous nous endormons paisiblement, le réveil est prévu pour 3h30 le lendemain.
Nous partons vers 4h20 après avoir rangé toutes les affaires et laisséles skis au resto, des fois qu'on rate la benne...
Ah oui j'ai oubliéde dire que demain la météo est horrible, neige iso 0°C à 1000m, du coup il ne faut pas traîner.
Nous accédons aux pans de rideau et vers 6h00 on attaque à remonter les pentes qui mènent à la rimaye.
Première frayeur lorsque voulant la franchir un bon "WOUUF" se fait sentir. Une belle fissure de 5 mètres de long se trouve juste au dessus de nous. On la franchit un peu plus loin et là rien ne bouge, sauvés.
Le tracé du topo est peu précis et nous décidons de nous diriger vers un grand dièdre gris clair de 120 mètres. Et oui armé de nos piolets et crampons, c'est là ou nous nous sentons le plus à même de grimper rapidement. Il s'avèrera que c'était plus à droite, dans des dalles compactes.

Ce dièdre se déroule en 4 longueurs, il y a des fissures mais aussi de bons blocs à éviter afin de ne pas finir écrasés. Ça grimpe dur dans chaque longueur, mais sans être extrême.
On fini par retrouver le bon cheminement en haut de la première tour. La suite parait beaucoup plus sain et la grimpe est très agréable.
On sort à la deuxième tour et la longueur avec la "crête de coq" est très impressionnante car la neige est bien présente dessus.
La suite fut mémorable arrivés sur l'arête faîtière du Râteau.
Normalement le retour, en été, est assez rapide et facile, il suffit de descendre un peu côté sud et de traverser sous l'arête pour rejoindre le col de la Girose.
Mais avec toute cette neige humide en face sud, c'est juste mission impossible.

Mémé parvient à tirer une longueur en traversée de 50 mètres en une heure, je le rejoins, non sans mal. Des coulées de neige lourde partent sous les pieds, nous n'avons aucun bon ancrage, je tombe 2 fois en second. Mémé me crie dessus en me disant que je ne dois pas tomber car le relais qu'il à fait est plus que moyen, mais je donne tout pourtant...

Dans ma tête il est impossible de continuer comme cela.

A cela il faut rajouter le mauvais temps qui vient sur nous à grand pas. On ne l'avait pas vu venir, il était prévu pour le lendemain et nous sommes à présent dans un épais brouillard.
Une fois arrivé à lui et profitant d'une éclaircie nous décidons d'un commun accord de nous faire hélitreuiller au vu des conditions et du mauvais temps prévu pour demain qui est déjà en train de nous arriver dessus.
En effet il nous fraudait bien 6-8 heures pour faire cette satanée traversée jusqu'au col et nous ne voulons pas finir comme les Italiens perdus dans le mauvais temps à la Barre des Ecrins et nous retrouver un peu refroidis.
La suite s'enchaîne vite, il faut remonter en artif à l'arête afin que l’hélico nous récupère plus facilement.
Il arrive et nous sommes évacués très rapidement, ouf.

Après cela c'est notre fête arrivés à La Grave, tout le monde est déjà au courant et nous devons payer notre tournée pour ne pas nous faire huer sur la place du téléphérique.

Enfin bon, plus de peur que de mal.
Nous aurions du partir un jour plus tôt pour pouvoir nous garder un peu plus de marge par rapport à ce mauvais temps de vendredi, mais les expériences sont toujours bonnes à prendre lorsque ça finit comme cela.


samedi 8 décembre 2012

Hold up au Fitz Roy !!!

Un rêve devenu réalité

L’analyse des différents météogrammes en tous genres est la seule occupation qui occupe les habitants d’El Chalten. Tout tourne autour de ces diagrammes et autre courbes que chacun tente de comprendre afin d’échafauder des plans pouvant amener au sommet d’une montagne.
C’est donc quelques jours après être arrivé dans la capitale du massif du Fitz Roy que se profile une fenêtre exploitable. La météo annoncée prévoit pour les 4 prochains jours à peu près cela :

  • Lundi 3, 24 heures de précipitations mais sans tomber dans l’extrême et sans vent.
  • Mardi 4, grand beau sans vent
  • Mercredi 5, le vent se renforce et le beau est toujours présent
  • Jeudi 6, des vents violents apparaissent, rendant toute escalade impossible voir dangereuse au vu des 180 km/h de vent  prévu !!!
Pour nous se sera le Fitz Roy par la voie « Franco-Argentine ». Notre stratégie et l’objectif, au vu de ces prévisions est la suivante :

  • Lundi 3, on part léger et on marche le plus loin possible, sous la pluie-neige, quitte à arriver au pied de la voie ; voir bivouaquer dedans si c’est possible. 6 heures de marche pour rejoindre le camp avancé, une heure d’approche jusqu'à la rimaye et encore environ 3h00 pour rejoindre le pied de la voie, 400m plus haut. Pour cela nous projetons de partir vers 5h00 du matin.
  • Mardi 4, c’est normalement la meilleure journée, du coup il faut l’exploiter à fond. Nous essayerons de rejoindre le sommet et de redescendre au camp du « Paso Superior » pour se reposer une nuit et redescendre avant que les vents ne deviennent trop forts. Bien sûr au vu de la neige qui va tomber nous partons dans l’idée de gravir la voie en mode dry tooling, car il est annoncé entre 20 et 50cm de neige. Cette voie se fait normalement en chausson d’escalade mais nous ne prenons qu’une paire de chausson en pariant sur le fait que ce soit impossible de gravir la voie en escalade pure.
  • Mercredi 5, retour pour El Chalten en 4h30.
Ça, c’était le plan prévu, avec deux repas du soir (1xpolenta et 1x purée sans sauce) et 15 barres de céréales par personnes pour les 3 jours. Pour le petit déjeuner un sachet de Tang par matin et un paquet de biscuit. Là on est vraiment partis light en terme de nourriture et on le regrettera.
Avec Ben nous sommes partis lundi 3 à 5h00 du matin d’El Chalten, il pleuviotait comme prévu. 
Au début ça ne dérange pas trop mais au bout de 3h00 de marche, nous sommes trempés. 
Nous décidons au passage d’une cabane rustique mais étanche de faire une pause et de mettre une couche de plus. 
Le ciel est bâché et rien ne nous laisse espérer une accalmie, nous continuons coûte que coûte, de toute façon il le faut, les fenêtres de beau sont rares.
Une heure après la pause nous arrivons sur la moraine, qui débouche sur un glacier à remonter ; mais le brouillard ne nous permet pas de savoir où nous allons ; La carte plus que rudimentaire ne sert à rien et n'est aucunement exploitable pour s’orienter. 
Nous errons à vue et tombons sur une vieille trace difficile à décerner dans la neige, on se dit que c’est la trace à suivre et on monte en essayant de ne pas la perdre. 
Peine perdue, il n’y a plus de trace et nous avançons à tâtons en espérant tomber sur de meilleures indices. Mais on se rend vite compte que c’est impossible d’avancer sans se perdre, d’ailleurs nous sommes probablement déjà perdu et en dehors de la trace directe. 
Nous décidons de creuser un igloo et d’attendre à l’abri que le temps se calme, car il pleut toujours et nous n’avons pas pris la tente pour être plus léger. Pendant que je creuse l’igloo, Ben décide d’aller explorer les environs, car nous n’avons qu’une seule pelle. 
Il revient plein d’espoir et dit qu’il faut tenter de monter plus haut pour s’avancer, nous sommes encore tôt dans la journée.
Nous montons et arrivons sur une arête en rochers brisées et arrivons à un sommet putride, le Cerro Madsen (1800m), on y voit toujours pas à plus de 20m et nous nous apercevons que nous sommes perdus, rien ne correspond à notre topo, et il pleut toujours, c’est vraiment la loose. 
Nous regrettons de ne pas avoir pris la tente, mais à présent il va falloir se préparer à passer la nuit dans ce mauvais temps. Parfois il y a une petite accalmie, mais ça bruine toujours. En deux heures de temps nous bâtissons un bivouac 4 étoiles tout en pierre et à l’aide d’une couverture de survie nous nous mettons à l’abri.
Notre travail de 2 heures
Le Cerro Madsen et notre désarroi
Dans notre malheur nous sommes quand même heureux qu’il n’y ai pas de vent, sinon nous ne pourrions apprécier cette couverture étanche providentielle. La journée passe et la pluie se transforme en neige et c’est relativement couché que nous nous endormons, bercés par le bruit de la neige qui se dépose sur la couverture de survie. Nous somnolons jusqu’au lendemain matin. On avait mis le réveil vers 4h00 mais il neigeait encore, le doute s’installe…
Le lendemain nous sommes dépités car on sent qu’on a raté le créneau. 
On décide d’attendre que le ciel se déchire car nous sommes toujours dans le brouillard. 
L’objectifs est revu à la baisse, nous allons essayer de repérer le bivouac du « Paso Superior » et y laisser du matériel pour la prochaine fois.
Vers 10h00 du matin, ça y est on devine quelque chose, on n'est vraiment pas sur le bon chemin, pour nous on est foutu, c’est mort. 
On a bivouaqué sur un sommet qui n’a rien à voir avec l’approche.
Le Paso Superoir est en face de nous, oups
Il nous reste que 2 jours de bouffe et nous ne sommes toujours pas au pied de la voie. En plus on s’aperçoit que la neige est bien tombée. Toutes les faces sont plâtrées, c’est un carnage pour notre motivation.
Le peu de motivation qui nous reste nous fait descendre dans un couloir d’éboulis enneigé. Et nous rejoignons une trace évidente que nous n’avons pas trouvée la veille. Nous remontons tranquillement ensuite au camp vers 1950m.
En montant au Paso Superior
Il fait enfin beau, c’est magnifique et notre moral remonte. Ben sur-motivé pour ne pas redescendre bredouille, se tâte à faire une tentative mais la neige est ultra molle et c’est dans de la soupe qu’il faut remonter le glacier pour atteindre la voie. C’est purement un travail de titan de tracer dans cette neige sur-humide. Durant 2h00 on se demande si nous redescendons ou si nous essayons d’aller voir.
Il nous reste un repas du soir et 8 barres de céréales chacun, il nous faut au moins un jour pour faire la voie et un autre jour pour redescendre si on va vite, au vu des conditions enneigées de la face. 
Le constat est vite fait, on est vraiment limite au niveau nourriture. 
Nous n’avons pas passé une bonne nuit et la trace à faire sur le glacier parait surhumaine tellement c’est mou, aucune voie n’est en condition. Tout les éléments et l’enchainement qui nous ont amenés là, nous incitent à rentrer et renoncer, mais c’est sans compter un relent de motivation incroyable de Ben.
On calcule le pour et le contre et c’est avec moult réflexions que nous décidons de faire une tentative en partant le plus léger possible. Nous passons l’après-midi à boire, manger (purée sans sauce !!!) et à se reposer, car nous partirons vers 23h00 pour profiter du regel nocturne et pouvoir atteindre le début de la voie  au lever du jour.
C'est l´heure de la sieste avant un réveil vers 22h00
3 cordées de plus sont venues au campement mais ne savent pas quoi tenter, par rapport à toute cette neige. Par contre ils ont la dernière météo et cela va jouer enfin en notre faveur, demain c’est finalement la meilleur journée, les vents violents vont venir un jour plus tard. C’est avec cette bonne nouvelles que nous nous endormons, le buff sur les yeux, pareil nous somnolons quelques heures en état de transe.

Le réveil sonne, il est 22h00, nous avons dormi 2 heures, il fait encore jour et nous avalons un paquet de biscuits et un litre de Tang chaud. On range les duvets et on les laisse au bivouac, on part le plus léger possible. 23h00, la neige est dure, c’est une aubaine et c’est au pas de course que nous rejoignons la rimaye. Il fait nuit et nous décidons de rejoindre la brèche des italiens par des grandes pentes de neige très raide et du mixte facile. Ça roule pas mal et nous arrivons vers 2h30 à la brèche. La suite est facile et vers 4h00 nous attaquons la première longueur de la « Franco-Argentine ».
Première longueur en 6a+ ça promet pour la suite
Piolets en main et crampons bien calés, c’est parti. Il est impossible de grimper en chausson et du coup nous grimpons lentement et de temps en temps nous tirons sur les protections.
On se croirait en face en Alaska
On est parti en mode sans pitié. Lorsque la longueur est trop dure le second avec le sac à dos jumarde dans les parties les plus raides pour gagner du temps.
Ben en plein boulot
Le jour se lève et c’est un soleil radieux qui nous réchauffe et  nous motive à grimper sans relâche. 
Pas de vent, c’est énorme et très appréciable. Toutes les longueurs sont dures pour le coup. C’est un véritable combat de rue dans chaque longueur. A aucun moment on se dit que c’est gagné et c’est mètres après mètres que nous nous rapprochons du sommet.
C'est raide tout le long, c'est incroyable
Dans un long dièdre en 6b+ de 50 mètres Ben décide de grimper en chausson pour voir, mais fini par remettre les chaussures pour la sortie en neige. On restera en mode dry tooling tout le long. Par moment, tellement fatigué je m’endors en assurant Ben, c’est vraiment limite. 
En 3 nuits nous avons que très peu dormi et par à-coups.
Du dry dément je vous dis
Vers midi nous sommes plus qu’à 4 longueurs de la fin des difficultés, l’itinéraire est bien déchiffré et nous ne commettons aucune erreur. De beaux passages en dry nous défoncent les bras et c’est à bout de force que nous sortons la dernière longueur, la plus difficile en 6b, A2.
La dernière longueur en 6b/A2
Vers 14h30 nous sommes aux pieds de la pente de glace fossile qui mène au sommet, nos lames de piolets émoussées et nos crampons ronds rendent cette glace très fastidieuse à gravir malgré ses 60° d’inclinaison. Je me fais plusieurs zippettes des 2 pieds, me retrouvant pendu sur les piolets en corde tendue évidement. On est fatigué et nous arrivons exténué au sommet vers 16h30, la joie est présente mais la fatigue l’emporte sur l’enthousiasme, surtout que la descente n’est pas encore faite.

Ben et moi, joie et  fatigue
En Patagonie arriver au sommet n’est que la moitié du chemin à parcourir et à partir de là commence une nouvelle course pour rejoindre le pied de la face. Nous sommes à bout de force nous avons mangé en tout et pour tout 4 barres céréales depuis 23h00 la veille, nous sommes au bord de l’hypoglycémie.
Une fois le panorama bien dégusté et quelques photos mythiques en poche nous prenons la direction de la descente.
Le Cerro Torre, notre prochain rêve et derrière lui le Hielo continatale, le plus grand glacier du monde
L’objectif principal de la descente consiste à ne pas coincer la corde en la rappelant, quitte à faire plein de petits rappels. Par chance il n’y a toujours pas de vent et nous rejoignons la selle neigeuse en une quinzaine de rappels. On rejoint la brèche des italiens et nous continuons à caler 6 rappels. Il nous aura fallu cinq heures pour descendre la voie en rappel.
La journée à été chaude et la neige est à présent molle, nous nous enfonçons allègrement dans une neige merdique et rentrons au bivouac en plus d’une heure, exténués. La faim est intenable mais rien à faire les sacs sont désespérément vide de nourriture. Nous nous endormons direct et sombrons dans un coma de fatigue le ventre creux.
Le lendemain matin nous rangeons les sacs et partons sans même boire. El Chalten nous obsède car nous savons que là-bas il y a la nourriture, la tente, le confort, la vie simplement.
Il est 13h00 quand nous arrivons, nous sommes de vrai zombies, les gens se retournent en nous croisant. Le camping enfin atteint, nous mangeons 3 repas en l’espace de 2 heures, une vraie boulimie.
Notre tente au camping et en toile de fond le Fitz Roy, étonnamment proche et si loin en réalité
Nous apprendrons plus tard dans la soirée que toutes les cordées parties pour les diverses ascensions ont échoué à cause de la neige durant le mauvais temps. Nous sommes les seuls à avoir fait une croix. Beaucoup de grimpeurs nous félicitent et la bière sera notre seule nourriture de la soirée jusque tôt dans la matinée.
Un premier sentiment d’allégresse nous envahi, nous venons de réaliser un premier rêve. A présent on va se concentrer sur le Cerro Torre et la voie de la face ouest en espérant un autre créneau favorable. Pour les 6 prochains jours du vent du vent et encore du vent …

mercredi 30 novembre 2011

Couloir nord des Drus, en libre ...

Les Drus, un peu plus gris chaque jour mais bien moins que demain

Cette course fait le buzz en ce moment, car quelques cordées l'ont parcouru. Et pour moi, c'est un vieux rêve : c'est la course dont je rêve depuis que j'ai commencé le mixte en montagne.

Comme d'habitude, j'appelle Ben Guigonnet, mon acolyte de toujours en montagne, mais il n'est pas très chaud pour se cailler le cul en montagne. En ce moment il travaille des 8c vers Nice et il n'a pas fait de montagne depuis septembre. Pour ma part, je n'ai pas mis les pieds en montagne depuis le 8 juillet, suite à ma double entorse, mais cela me titille depuis que j'ai recommencé à grimper en dry tooling.

Je mate la météo et il fait beau encore 3/4 jours, je chauffe à blanc mon pote et finalement il craque. On se donne rendez-vous à 11h devant la gare du Montenvers le mardi et c'est parti.
Le train nous emmène sur la Mer de Glace et nous partons à pied au pied des Drus pour bivouaquer. 3 heures après nous arrivons au bivouac. On prend le temps de faire de l'eau, de s'installer correctement et nous croisons Éric Jamet et un pote à lui qui redescendent du couloir nord. Éric a libéré la voie en 14h30 aller-retour et il trace sur Chamonix, car il doit bosser le lendemain. On prend des renseignements de dernière minute, car (comme d'habitude) on a oublié le topo, puis on se couche.
Le lendemain réveil 3h00 et départ 3h30, la nuit noire nous entoure mais on est bien réveillé. On suit les traces des cordées précédentes, qui nous amènent tranquillement à la rimaye qui ne pose pas de problème. Le mixte pour arriver au pied des difficultés n'est pas très raide, mais il faut s'appliquer, car les protections sont éloignées. Il fait encore bien nuit quand nous arrivons au pied de la première longueur dure, la fissure Nominé, qui se fait normalement en artif. Ben me laisse la priorité, car je me sens chaud pour la libérer. Au programme, une fine fissure, très raide, de 40 mètres avec une 20aine de pitons en place. Petit hic, on a pris seulement 8 dégaines pour être plus light...
La fameuse en artif, A1, ou en libre M7/8

Au bout de 30 minutes d'efforts et de zippettes intempestives, j'enchaîne cette longueur mythique en libre, sans crocheter un seul piton : je tiens à le préciser, sinon c'est triché. Mes bras sont chauds et le moral est au plus haut. Avec Ben on propose une cotation entre M7 et M8, à confirmer avec les prochains répétiteurs.
Ben s'occupe de la longueur qui suit, en M5 environ, qui ne pose pas trop de problème.
Ben se frise avec cette belle fissure à piolet

Puis je me fais la dernière longueur, dure, qui rejoins le couloir en glace. Cette longueur ma posé un peu de soucis, car une écaille décollée, proposant une fissure large, ne permet pas de grimper détendu. Il a fallu grimper quelques mètres à main nues pour en venir à bout (M6).

Nous voilà sur l'autoroute glacée qui mène au col entre le grand et le petit Dru. Un peu de crapahute en granit
le passage en "S"
et nous voilà au sommet du petit Dru, pour faire la bise à la vierge qui veille sur la vallée de Chamonix. Il est 13h30 !!! Dis donc Ben, on n'a pas traîné, encore une fois...
B'jour Mam'selle

Quelques photos plus tard et nous voilà en train de redescendre en rappel, dans la directe du couloir nord. Bien qu'en rappel, ça fout la frousse cette ligne, mais ça à l'air d'être dément à faire : 200 mètres de technique, absolument vertical, voire un poil déversant. C'est tout ce qu'on aime.
Raide la directe ...

16h00, l'heure du goûter, ça tombe bien on est de retour au bivouac. Ben fait péter un lyoph ...

lundi 28 septembre 2009

Le Rostrtum "North Face", 5.11c (6c+), 260m

Dans cette falaise du Rostrum il y a de tout, de la fissure à doigts, à main, à poings, franches, ou bien évasées, ou encore des offwidth, des cheminées, des laminoirs, du dévers. En bref tout est ici.
Voilà une des plus belle voie de fissure que nous avons gravi à ce jour. De plus elle est toute la journée à l'ombre, et ça au Yosemite c'est très appréciable. Nous étions 2 cordées : Ben et Sylvie (sa copine) devant et Damien, Denis (un guide Chamoniard) et moî-même. 8 longueurs de pur bonheur, Houuu que Yeahhh !!! Il parait que c'est une bonne manière de voir s'il on peut tenter notre chance dans une voie plus soutenue, "Astroman", alors on l'a fait.

Mais quelle belle escalade !!!
Le topo du Rostrum


dimanche 27 septembre 2009

"Hotline" 5.12a (7a+), 150m à Elephant Rock

Ce jour là les cotations annoncées sont de l’ordre de 5.12a (7a+ en France), du coup j’ai pris mes chaussons précis.
Pour accéder à la falaise, il faut traverser la rivière Merced et remonter dans une forêt un peu austère. Nous avons peur de rencontrer des ours alors nous ne traînons pas trop. Arrivés au pied de la voie le rocher est assez noir par rapport aux autres spot, mais la ligne est majeure et les fissures ont l’air démentielles. Ils s’agit souvent soit de fissures assez rectilignes et verticales, soit de dièdres ouverts. Ben commence les deux premières longueurs. La première ne pose pas trop de difficultés. Par contre la deuxième est nettement plus dure avec, chose peu commune ici, une traversée sur réglettes les pieds à plat. Personne ne réussi en enchaîner cette traversée. Étant le dernier je me prends le petit pendule …
Damien prends le relais par une belle fissure à main de 45 m de pur bonheur. Et déjà mes pieds me font mal. Vient mon tour de grimper en tête pour les 3 dernières longueurs, mais mes pieds sont foutus, je regrette d’avoir pris mes dragons pour cette journée. Une cheminée évasée et déversante m’attend. Le passage est difficile à déchiffrer et il m'a fallu me retourner complètement pour sortir de cette cheminée. Cette fois-ci, ça y est je crois que mes orteils sont cassés, tellement la douleur est intense. Nous arrivons finalement au sommet puis redescendons nous rincer un peu dans la rivière. Le plaisir procuré par l’eau fraîche sur mes pieds endoloris est très appréciable.
Au camping j’annonce à Johanna que je veux bien faire la voie d’artif à Washinton Column avec elle. En effet il me faut un jour de repos ou alors faire de l’artif pour reposer mes bras. Elle est ravie et moi aussi.