Affichage des articles dont le libellé est alpinisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est alpinisme. Afficher tous les articles

mercredi 25 novembre 2015

Goulotte Raie des fesses, sortie col Ouest du Pelvoux

Ben Guigonnet est de passage dans les Hautes Alpes, pour le festival de film de montagne à Gap. Il voudrait faire un peu de montagne, lui, qui a peu parcouru les Ecrins. Je suis heureux de pouvoir l'emmener voir nos belles montagnes.
Je lui propose donc d'aller voir du côté de la "Raie des fesses" et voir si on peut sortir par l'intégrale. On ne rentre donc pas trop tard de la soirée à Gap, il est minuit tout de même. Le temps de préparer les sacs et de faire une sieste de 45 minutes et nous voilà sur le pied de guerre pour rejoindre le Pré de Madame Carle, il est 3H30 du matin. Nous marchons tel des zombies sur la moraine du glacier noir.
La nuit noire et notre rythme de marche soutenu, nous font perdre la trace pour aller au pied de la goulotte, demi tour, pour retrouver le bon chemin.
Ça y est nous sommes au pied de la "Raie des Fesses" en face nord du Pic Sans Nom, il est 7H00 lorsque nous attaquons à grimper. La première longueur est trop peu fournie pour oser la grimper. Nous passerons donc par la version dry à droite. Trois longueurs intéressantes et assez faciles par rapport à la cotation annoncée. La première longueur côté M5 est plutôt M3+/M4. Les trois autres  longueurs nous les ferons en deux. 
Le rocher est bien sec depuis les derniers épisodes de vent, d'ailleurs les faces nord se sont bien asséchées en générale. On grimpe sans gant, sans avoir froid, ça se protège bien et c'est dans le 5, pas de 6a.
Nous rejoignons rapidement la goulotte et faisons un peu de corde tendue, la neige est bien compacte, nous avançons vite jusqu’à la longueur "crux" au milieu de la goulotte. Là aussi c'est en bonne condition.

Ben continu en corde tendu au dessus et nous voilà vers midi au sommet de la goulotte.
Nous regardons la sortie par l'intégrale ouverte par Gabarrou et Marsigny, mais ça semble trop peu fourni pour se protéger convenablement. 
Nous choisissons donc de sortir par le col Ouest du Pelvoux. Nous remontons la niche à l'extrême gauche par de grandes longueurs en traversée. 
Vers 15h30 nous y sommes. 
Et nous enchaînons directement la descente vers Ailefroide en passant par le refuge du Sélé. Il est 18h00, nous rentrons à la maison pour dormir enfin!!!
Merci Ben, tu reviens quand tu veux.

dimanche 21 décembre 2014

Goulotte Marshall'Ombre en face Nord d'Ailefroide

Quelle début de saison pourri, enfin pas pour tout le monde...

En effet il n'y a pas de neige, pas de cascade de glace. Du coups ça nous à poussé à aller voir plus loin, plus haut.
Il y a 10 jours nous sommes allé faire une rando classique à ski pour voir si les conditions du glacier noir et par la même occasion essayer de nouveaux ski light. Bonne nouvelle la route est ouverte jusqu'au parking de printemps situé au bout de la plaine du près de madame Carle.
Résultat des courses, hormis la belle sortie de ski de rando dans la poudreuse, les faces sont belles et les lignes de goulottes bien apparentes.
La face nord le 7 décembre
Je fais passer l'info sur "facebook" et autre sites de référencents de condition de glace, en espérant que quelqu'un ferait le premier pas et ainsi la première trace. Mais non personne n'a voulu y allé.
Finalement nous avons un créneau de libre vendredi 19 avec Jonathan.
On prépare les sac, on se couche tôt et hop il est déjà 2h00 du matin, le réveil sonne, je suis tout excité mais mon corps n'a plus l'habitude de se levé aussi tôt. C'est sur aujourd'hui ça va être long. D'autant plus que le topo annonce un horaire de répétition de 10 à 12 heures, sans l'approche ni la redescente... Certes on sais que les conditions ont l'air très bonne mais ça reste quand même une bonne bavante et les jours sont courts, très court, nous sommes à 2 jours de l'hiver et du jour le moins long par la même occasion.
On se rejoins a L'Argentière-La-Béssée à 3h00 et on file au près de Madame Carle, ciel étoilé, mais pas trop froid. On partage le matos, chausse les ski sur une neige béton et c'est partis, il est 3h45.
On remonte tranquillement le glacier et le réveil matinale commence à se faire sentir ainsi qu'une petite douleur au niveau de l'aine.
Qu'est ce que c'est long cette approche !!! Et notre corps qui nous supplie d'aller nous recoucher, mais qu'est ce qui nous à pris de recommencer la montagne de cette façon.
Noté le dépot de ski plus bas
3h30 plus tard Jo n'en peux plus avec la douleur au niveau de l'aine. On s'arrête et on mets les chaussure d'alpi, nous ne sommes pas encore à la rimaye. Il nous reste à franchir un morceau de glacier crevassé et un petit morceau de dénivelé quand même.
Le départ de la voie est encore loin...
8h45, on s'attaque à la rimaye, on pensait vraiment y être plus tôt...
Le crux de la voie ! la rimaye
La suite va commencer doucement à nous réveiller, 200 mètre de pente de neige à 50-60°.
On commence à se réveiller
Ca y est nous somme enfin au pieds des difficultés et ça à l'air franchement bien garnis en glace. Il est 9h45.
Le début des difficultés
La suite est vraiment agréable, les longueurs s'enchaînent tranquillement, nous prenons le temps de filmer, aucun stress, dément. Ca n'a rien à voir avec le topo qui annonce de beaux combats en mixte difficilement protégables.
Jonathan en action au milieu du bastion
Nous n'aurons aucun passage en mixte, tout ce fera en glace.
Jo toujours
Nous sortons de la partie raide et la suite remonte une goulotte large facile.
Presque à la fin avant de rejoindre la pente de neige finale
Il est 13h15 et nous avons atteint la pente de neige finale de la voie. Nous décidons de redescendre en rappel pour retrouver les skis et rentré à la maison.
En effet nous n'avons pas sortis l'itinéraire jusqu'à l'arête, l'étique en prends un coup mais nous assumons. Il fera nuit à 17h00 et nos copines nous attendent avec impatience.
On équipe le premier relais sur piton et coinceur et c'est partis pour 1h30 de rappel et désescalade. Hormis le premier relais que l'on a équiper au pieds de la pente de neige terminale et un autre un milieu de la section raide, tous les rappels se feront sur lunules et désescalade.
Le retour vers les skis et la vallée
15h10, nous voici à nouveau au ski, on change de chaussures et on se laisse glisser sur la neige soufflé et béton jusqu'à la voiture.
Il est 16h15 la journée est fini ...

Vidéo en ligne : ICI

mercredi 10 septembre 2014

Mon premier enchaînement !

Après un été compliqué au vu de la météo très moyenne, tout le monde se doutait que les conditions en ce début de septembre seraient optimum pour ce qui est du mixte en haute montagne.
Vendredi 29 août, Ben Guigonnet m’appel pour aller en Montagne du côté de Chamonix. Ça fait 10 jours que je bosse en plein cagnard en train de refaire le toit de la maison de la belle famille. Alors je lui dis que je suis carrément bouillant pour faire parler le matos rester trop longtemps au placard.
On décide de partir sur un petit enchaînement car la météo est au beau pour quelques jours. Reste à savoir quoi faire…
On jette notre dévolue sur deux faces mythiques pour du grand mixte. Ce sera le Nant Blanc à la Verte et les Grandes Jorasses. Pour ce qui est du choix des voies, on commencera par la Gabarrou/Silvy, ED, 1000m, 6b, M5, 90°, qui est un morceau de choix et pour la suite on choisira en fonction de l’état de fatigue.
La partie haute de la Gabarrou - Silvy, c'est le trait rectiligne à droite
Comme à notre habitude, nous n’aimons pas trop porter de gros sacs alors se sera des ascensions à la journée version fast and light avec un petit sac de 25/30 litres chacun.
Lundi on monte à Chamonix pour faire les sacs et on dort au sommet des Grands Montets dans la cabane de secours gentiment ouvert par l’un des responsables de la Gare.
On repère l’accès au Glacier du Nant Blanc dans l’aprèm et hop au dodo.
Mardi 2 septembre : Réveil 2H30 et départ vers 3H10, il fait nuit noir. On se perd un peu pour trouver l’attaque de la voie.
Le topo de la partie basse
Vers 5H30 Ben attaque la première longueur et c’est parti. Dans ce beau pilier granitique les conditions ne sont pas super au top pour grimper vite. En effet de la glace bouche les fissures et nous devons grimper en crampons et piolets l’intégralité de cette première partie. Enfin presque, car Ben mettra les chaussons pour gravir le grand dièdre, mais en gardant les piolets. Une méthode un peu plus efficace qu’en crampons, car, les côtés du dièdre sont lisses.
Ben en mode bâtard
Moi dans L4
L5
L5

vendredi 19 juillet 2013

Les arêtes du Diables au Tacul (4248 m) avec Florian.

Les arêtes du Diable vue depuis l'arête Küfner
Florian est mon premier client, celui que j'ai connu lorsque j'étais aspirant guide, du coup ça fait un moment que l'on ce connaît.
On en a fait des courses, j'ai même réussi à le convaincre de faire une voie d'artif sur deux jours avec nuit sur portaledge.
Et depuis que l'on parcours la montagne je l'ai vu progresser de son côté et faire ses premières courses en amateur.
Florian Laifa
D'ailleurs c'est comme cela que je le retrouve. Il sortait d'une voie sur l'éperon des Cosmiques, avec son collègue Michel et nous avions rendez-vous à l'Aiguille du midi.
On trie le matos, profitant du retour dans la vallée de Michel, car le projet initial était l'ascension du Grand Capuçin par la voie des Suisses. Mais 3 jours de granit ont eu raison de ses doigts, à présent bien endoloris. Nous décidons de faire la traversée des aiguilles du Diable, bien que moins technique en grimpe pure, cette course est extrêmement variée et surtout bien plus engagée. Cette course propose l'ascension de six sommets de plus de 4000 mètres et ils sont considérés comme les plus dures de ses congénères en considérant leur ascension par la voie normale.
Direction le refuge des Cosmiques pour un bon repas et à nouveau une courte nuit.

Mauvaise nouvelle pour Florian, je lui annonce que l'on se lève à 1h00 du matin. Et oui c'est ça de faire de grandes courses. Une fois le repas avalé, direction le dortoir, moi je tombe comme une mouche, ça fait 18 jours d'affilée que je travaille en montagne, lui aura un peu plus de mal.

Réveil, petit dèj et hop nous voilà chaussés et cramponnés. Nous avons un bon regel et nous marchons d'un bon pas vers la combe maudite. Il fait toujours nuit et nous attaquons la remontée vers le col du Diable. 5h45, le soleil se lève timidement et nous attaquons la traversée
Nous somme entre la corne du Diable (4064 m) et la pointe Chaubert (4074 m). Une cordée partie du refuge Torino nous suit de près.
J'opte pour faire la Corne du Diable qui est facultative mais tellement accessible.
La corne du Diable

On descend en rappel et la cordée derrière nous, nous passe juste devant pour attaquer la pointe Chaubert. Nous attendons car cette fissure en 5a en pleine dalle pose quelques problèmes à la cordée devant nous. Nous enchaînons derrière sans trop de problèmes et après deux longueurs signons notre deuxième pointe.
Florian s'affaire pour enchaîner ce 5a à l'ancienne
Et voilà nous redescendons en deux rappels et faisons un peu les funanbulistes sur une courte arête.
Voici la plus belle des pointes, la pointe Médiane (4097 m). Ce sera la plus haute de la série pour nous. 3 courtes longueurs de 25 mètres environ. Un dièdre très photogénique permet de prendre de la hauteur avant de traverser vers le fil d'une arête vertigineuse.
Sympa l'ambiance !
Ici je n'aimerais pas avoir à redescendre en rappel, c'est ça qui fait que cette course est engagée.

On poursuit par un rappel dont l'accès est un poil acrobatique, c'est indescriptible pour ceux qui ne l'on jamais fait.
Et nous voilà directement au pied de la pointe Carmen (4109 m). C'est normalement ici où il reste de la neige et souvent du verglas. Mais aujourd'hui c'est bien sec malgré la présence d'un peu de neige.
Florian sur la brèche Carmen
Une fois au sommet de cette quatrième pointe, nous décidons de remettre les crampons et de sortir les piolets car une fois les deux rappels descendus, le terrain est plus mixte du fait de la neige. Nous descendons les deux rappels et un petit désagrément va m'énerver.
A force d'être focalisé sur mon client j'en ai oublié mon piolet, soigneusement mis en place dans une fissure au sommet du premier rappel. Heureusement le guide de la cordé devant nous en avait deux, merci Manu! Il y avait bien une cordée derrière nous mais, on avait bien deux heures d'avance sur eux, hors de question d'attendre ni de monter, du fait de la pression de la dernière benne de l'aiguille du midi et de mon retour auprès de ma douce dans le Briançonnais. Nous poursuivons notre ascension et filons jusqu'au sommet du Tacul en passant au pied de l'Isolée (4114 m). Nous ne la ferons pas bien que très intéressante, mais la fatigue attaque déjà notre cordée.

Sommet vers 13h30, Florian ne s'attendait pas à autant de variété dans la difficulté, mais la joie une fois l'ascension réussie explose et les souvenirs se gravent. Le beau temps rendant la chose encore plus belle.
Summit pour Flo = )
Retour express à l'Aiguille du Midi et binouze à Cham vers 16h00.

J'aime la montagne