Affichage des articles dont le libellé est Ouverture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ouverture. Afficher tous les articles

mardi 3 novembre 2015

Le Prestige des Ecrins

La face nord du Pic Sans Nom (3913m)
Les 19, 20 et 21 octobre dernier, Ben Brochard, Jonathan Joly et moi même avons eu le privilège de parcourir un nouvel itinéraire dans  la fameuse face nord du Pic Sans nom, un monument dans les Ecrins.
La fine équipe
L'année dernière déjà nous voulions y aller, mais, les circonstances ont fait que nous n'avons pas pu tenter la voie. Et cette année un collègue parti travailler dans le coin nous ramène un cliché avec la ligne à nouveau visible. On ce motive pour essayer cette année, je sais que les conditions ne sont pas optimum, mais dans ma tête, on y va juste pour voir.
Il y a quand même de grosses incertitudes par rapport à deux sections, qui ont l'air dur.
Jo me demande si nous prenons le tamponnoir et je lui réponds non! Comme ça si cela ne passe pas on redescend plus tôt. Et puis c'est tricher, même si en fond de sac ça peux servir pour redescendre en sécurité.
On se donne donc tous rendez vous vers Vallouise à 6h30 du matin pour finaliser les sacs et choisir le matériel. Il fait nuit noir et nous sommes donc tous les trois en train de trier sous les regards des travailleurs matinaux.
Sur le parking au bord de la route
Nous prenons de quoi faire un seul bivouac, un sac de hissage, une dizaine de pitons, beaucoup de petits friends et coinceurs, et une dizaine de broches
On pose une voiture au fond du camping d'Ailefroide et nous continuons en voiture jusqu'au parking du Pré de Madame Carle. Il est 7h50 nous démarrons l'approche.
Ben voulait absolument prendre des bâtons...
+oilà la face
Adieu soleil
11h15, nous faisons une petite pause pour analyser la voie et manger une soupe chinoise.
Le repas du midi
12h30, Ben attaque la première longueur d'accès à la goulotte. Après une bonne traversée, nous voici au pied de la première incertitude.
Ben dans la traversée
On tire à "chi-fou-mi" pour savoir qui s'y colle, et Jo remporte la partie.
Ca a l'air dur mais très bien protégeable, ce qui est chose rare dans les Ecrins.
Jo dans la première longueur dure
Jo nettoie la longueur pour trouver de bonnes protections, en tout cela aura pris une bonne heure et demi, puis il nous fait monter. Au final avec le nettoyage nous évaluons cette longueur de 40m à M5/M5+.
Jo est fatigué à présent, je prends le relais, la suite est plus facile, mais il est déjà tard, je ne ferais que trois longueurs de plus.
Ambiance de malade
Il est déjà temps de penser à faire le bivouac avant l'arrivée de la nuit. Et surtout il n'y a pas beaucoup de possibilités dans cette face de trouver des bivouacs confortables. Avec l'expérience, je sais qu'il vaut mieux dormir sur un bon bivouac que d'essayer d'avancer et se retrouver à dormir sur une fesse.
Ca tombe bien car mon dernier relais se trouve juste à côté d'une petite roture, il y a beaucoup de neige. En creusant ça va être royale. Jo prépare le bivouac, Ben va fixer la corde au dessus et puis moi et bien je l'assure.
C'est parti pour la première nuit
18h30, le bivouac est prêt, la nuit vient de tomber et le réchaud ronronne déjà, tip top.
Réveil programmé pour 6h45, car il fait jour vers 7h30.
La nuit a été plutôt bonne malgré les spindrifts par à-coups.
Le premier bivouac
Ben remonte sur la corde fixée la veille et nous assure. Encore 3 longueurs pour Ben et je prends le relais.
Ben dans les premières longueur du J2
Deux longueurs nous permettent de rejoindre le deuxième passage délicat de la voie. Nous venons de retrouver la voie "George - Russenberger", car un piton en témoigne.
La longueur commune avec la Russenberger
Une longueur de 20 mètre commune avec la "Russenberger", en technique dry, évaluée à M5+/M6. Là encore assez bien protégeable.
La goulotte de la raie des fesse juste en dessous!
La suite, nous décidons de partir tout droit dans un passage raide, la "Russenberger" quand à elle part à gauche dans un système de dalle plus facile, mais nous ne nous sentons pas de grimper dans ces dalles qui ont l'air improtégeables et enneigées. Ici encore c'est dur et très technique. Des micro prises pour les pieds, juste au dessus du relais. Les copains ne parlent plus, car, si chute il y a, je termine sur eux. La suite part en traversée vers un bon béquet. Finalement cette longueur sera pour moi un M6. Encore une longueur en dry en traversée vers la droite. Le début est cool et tout de suite derrière il y a quelques mouvements très fins, sans trop de pieds. Ca a été un gros stress ici pour essayer d'enchaîner la longueur à vue. Une fois arrivé sur les placages de neige, nous retrouvons une traversée commune avec la "Russenberger", mais il n'est pas possible de ce protéger convenablement, du coup j'enfonce les broches dans cette neige à peine compacte et les couple pour faire un semblant de point de protection. J'évalue cette longueur à un gros M6.
Jusqu'ici tout va bien
Les copains quand à eux n'ont pas grimpé ces deux dernières longueur en libre, ils ont préféré jumarder car les sacs sont trop lourd, ils auraient perdu du temps et de l'énergie.
Ca y est je passe le relais à Jonathan pour qu'il s'occupe de la traversée pour rejoindre le deuxième système de goulotte suspendu au dessus de la barrière de rocher raide.
Jo dans la traversée commune de la Russenberger
Gaaaaazzzz
Deux longueurs de plus sur de la neige glace inconsistante ...
A chaque fois les relais sont long à faire, pour être sûr qu'ils ne s'arrachent pas sur une mauvaise chute, cela nous fais perdre beaucoup de temps. On le savait, mais la réalité est compliquée.
Nous décidons de nous arrêter là pour aujourd'hui d'autant plus que nous sommes à nouveau à un bon emplacement pour faire le bivouac. 11 longueurs pour aujourd'hui.
Bivouac deuxième nuit
Ce bivouac n'était pas prévu mais nous étions déjà résignés à le concevoir depuis la matinée. Ca va, il est confortable.
Confort, après l'effort d'aménagement
Nous mettons les couvertures de survie pour se protéger des spindrifts mais un peu de vent aura raison des couvertures durant la nuit...
Le réveil, pareil que la veille. Nous savons que les difficultés sont derrière nous à présent il faut sortir de la face le plus rapidement possible.
Ce matin il y a une grosse activité avalanche sous le col Ouest du Pelvoux. Il y a même une des avalanche qui a traversé le glacier noir...
Grosse avalanche
très grosse !!
Après avoir remonteé deux grandes longueurs de 60 mètres, nous arrivons à nouveau sur une partie déjà parcourue auparavant, puisque empruntée par de nombreuses cordées. Tracer un itinéraire droit n'aurait rien rajouté et nous en avons marre du froid, c'est notre troisième journée dans la face. Ca commence à faire long cette histoire, il est d'ailleurs rare de rester aussi longtemps dans ces face nord du glacier noir me fait remarquer Jonathan.
Allez Jo au boulot !
Jo s'occupera de toutes les longueurs de cette journée, merci à lui car nous sommes bien fatigués. Nous arrivons à la brèche faîtière (3810m) à l'ouest du sommet, il est 14h30.
Arrivé à la brèche
Nous laissons quelques cordelettes et pitons pour descendre en rappel et retrouver la descente normale du Pic Sans Nom. En bas nous savourons le soleil si généreux et laissons éclater notre joie. Maintenant il faut rentrer à la voiture et rejoindre la maison chaleureuse et son confort, nous l'avons bien mérité.
21h30, les copines sont là et nous ont préparé à manger, au top les filles.

Au final notre nouvel itinéraire s'appel "Le prestige des Ecrins", 16 longueurs originales sur les 29 totales, pour une cotation globale en ED, 1000m, M6 (ou 6a), grade 5 en tout.
Le topo
Merci les copains
Enfin le soleil



jeudi 20 décembre 2012

Première sur l’Aguja Standhardt via « Tomahawk » et « Exoset » en libre à la journée !!!

Eh oui, la cordée de sudistes à encore frappé. Cela faisait une dizaine de jours qu’on tournait en rond à El Chalten à regarder la météo.

Jeudi 11 : Nous sommes allés repérer l’approche jusqu’au camp avancé de «Nipo Nino» au pied de la face Est du Cerro Torre  et faire une dépose de matos pour la prochaine fenêtre de beau. 6h00 de marche plus tard, nous sommes au camp, mais il pleut, nous faisons demi tour sans avoir rien vu autour de nous.
C'est bien de repérer l'approche
 Par contre repérer cette marche sera un bonus pour la prochaine fois car il s’avère que le chemin le plus rapide est loin d’être évident. Retour en 4h30, on est bien fatigué, mais au moins le matos est là-haut, la prochaine fois on ne montera que la nourriture.
La marche jusqu'à Nipo Nino
5 jours se passent avant qu’une éclaircie arrive, on est dans les starting blocs. Mardi 16, nous montons dans la matinée au camp avancé. Au début la vue est dégagée, mais ça se couvre vite et des nuages nous cachent la vue à la moitié de la face. Arrivés au camp nous hésitons encore ; si nous basculons en face Ouest pour tenter la « Ragni » au Cerro Torre.

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Il est tombé beaucoup de précipitation et la neige est bien présente.  De plus, cela fait 20 jours que personne n’à essayé la voie ; du coup l’approche au pied de la face Ouest peut prendre 10h00 facilement, à brasser dans 50cm de neige fraîche. Après il faut bien compter 12h00 de grimpe sans compter le temps qu’il faudra pour creuser le tunnel de la dernière longueur clé (le fameux champignon en glace-givre). Après cela il faut redescendre en rappel et remonter le col Standhardt et rejoindre le camp, environ 10h00. Bref, on n’est pas couché et la météo annonce plus ou moins 36 heures de beau sans trop de vent.
La vue depuis le camp avancé sur le Fitz Roy et ses satellites
Après moult concertations et discussions avec d’autres cordées, nous décidons de ne pas tenter le Cerro Torre ce coup-ci, c’est un peu juste. Il faut savoir qu’en Patagonie on ne peut pas jouer avec la météo car personne ne viendra nous chercher. Beaucoup se sont fait avoir et ne sont plus là pour en parler.
Il nous reste encore 15 jours d’expé, on opte donc pour une solution de repli. Je pars en direction du fond de la vallée pour repérer s’il y a des traces et voir à quoi ressemblent les faces et diverses goulottes. 
Ben reste au camp et soigne ses ampoules.
Le col Standhart et la ligne de Tomahawk, complètement à gauche

Je mitraille les différentes faces pour ramener de quoi réfléchir avec Ben. 
Une ligne me saute aux yeux mais ça va être dur. 
Entre temps plusieurs cordées redescendent du col Standhardt. 
Ils ont tous essayé la voie « Exoset » et butté à la première longueur. Apparemment une fissure pleine de glace les ont fait rebrousser chemin.

Je rentre au camp et on analyse les différentes options. 
Première option essayer « Exoset » et  franchir l’obstacle de la première longueur, ça nous parait l’objectif le plus facile à réaliser pour assurer une voie.

Deuxième option, bien plus intéressante : partir dans une goulotte bien plus bas que le col, « Tomahawk » et enchaîner directement « Exoset » à sa sortie. 
Ça fait une ligne directe et logique vers le sommet mais ce n’est pas la même affaire. 
800 mètres de goulotte raide avec environ 5 longueurs entre le grade 5 et 6, et le soleil qui arrive dessus à 6h00 du matin !!! Il va falloir partir tôt si on veut faire doublette.

Il est 17H00, on mange et on va se coucher, réveil prévu 21h40 pour partir en début de nuit, c’est tout décidé : demain on se fait une pure journée de goulotte.

Le réveil sonne il fait toujours jour, Ben comme à son habitude ronchonne et attends que le petit déjeuner soit prêt pour se lever (Quel fouine celui là !!). 
Ça y est, on est fin prêt, sac sur le dos, le ventre plein, nous partons vers 22h30 à l’assaut de l’aiguille Standhardt. 
On profite d’un regèle moyen mais la trace est faite, on avance bien et en 2h30 on est au pied de « Tomahawk ». La première longueur est pas très engageante et paraît très délicate et super raide, Ben se propose pour se dur labeur. Dans ma tête je me dis "ouf ce n’est pas moi qui vais me faire peur de bon matin". Il est 1h00 du matin, il fait nuit noir.

En effet, 1h15 plus tard Ben arrive au relais, il a tout donné. Du bas des plaquages foireux et des protections moyennes faisaient froid dans le dos, mais Ben léger et technique a déjoué les pièges de cette cheminée dièdre. 
Je pars à mon tour dans cette longueur et très vite mon sac à dos me tire en arrière, c’est sacrément raide. 10 mètres plus haut je vois le petit sac à dos de Ben accroché à un point. 
Me voilà avec deux sacs en train de me hisser sur des plaquages de neige glace décollés. Tout s’écroule sous mes pieds et piolets je suis à deux doigts de tomber, mais Ben assure sec. Arrivé en haut, je salue l’artiste et le remercie d’être passé en tête.

A mon tour. La suite parait plus facile mais on ne voit pas tout. Sur le topo il est indiqué que la prochaine longueur est en grade 6. 
50 mètres plus loin je fais relais au pied d’une immense longueur de glace raide ; je crois que c’est plutôt celle là le grade 6. 
Ben me rejoins et je lui propose de la faire. Il ne s’y oppose pas, bien au contraire : ses bras sont encore en vibration après sa belle prestation.
Le grade 6 easy
La longueur est plus impressionnante que dure, il s’agit d’un dièdre assez fermé, avec de la glace sur la partie droite. Du coup je me repose contre le mur derrière moi, et cette longueur n’est en fait qu’une formalité. Je mets plusieurs broches à l’aide des deux mains, en opposition entre le rocher et la glace, dément ! La suite déroule pas mal et nous arrivons rapidement sur les grandes rampes de neige que l’on avale, en corde tendue. 
Je fais la trace sur 200 mètres, en passant 2 ressauts faciles.
Les rampes faciles
Ben prend la suite pour arriver au pied d’« Exoset ». Il est 7h00 et la goulotte prend le soleil depuis plus de trois quarts d’heure. Beaucoup de petits morceaux de glace tombent en continu, mais rien d’alarmant.

On décide de continuer coûte que coûte, en faisant que des longueurs de 60 mètres, afin d’aller le plus vite possible. Cette goulotte est vraiment une raie des fesses, c’est très pur comme ligne et d’une raideur incroyable. Parfois nos épaules touchent les 2 murs verticaux de part et d’autre, hallucinant !
Ben est juste assez large
Ça parpinne de plus en plus et c’est tête baissée que nous grimpons et assurons. Ça tombe en permanence ; en gros c’est la guerre. 
Ben me fait tomber un bon bloc de rocher en plein milieu du casque. J’ai enfin testé ce nouveau casque ultra light de Petzl, le « Sirrocco ». Eh bien à présent, je lui fais confiance à 100%. Ça m’a bien secoué la tête et le casque va sûrement finir sa vie en Patagonie ou dans ma vitrine de salon.
Une pure goulotte
La glace commence à présent à bien ramollir, et ça pleut littéralement dans la goulotte. Mais les longueurs sont toutes aussi raides ; plus on monte et moins on se prend des chutes de glace. Les deux dernières longueurs nous paraissent interminables, nos bras n’en peuvent plus et nous sommes trempés. 
Au relais on lutte pour se réchauffer ou plutôt réchauffer nos vêtements imbibés. L’eau coule le long de nos piolets puis des gants et enfin entre par la manche quand on a le bras tendu en l’air pour grimper, abominable.
Sa mouiiillllle !
On arrive enfin au petit col, nous sommes exténués.  La longueur suivante, pour atteindre la neige glace qui forme le sommet, est horriblement dalleuse. On n'a plus la force de nous battre ; nous pensons même à redescendre. 
Le temps de se réchauffer et de manger un saucisson et un peu de fromage, la motivation remonte. C’est trop bête de butter là ; on en a trop chié pour renoncer aussi haut.
Saleté de dalle ; on a failli buter
A nouveau Ben se lance pour un ultime combat. 45 minutes plus tard et quelques assoupissements inattendus de ma part, il crie victoire, car la suite est plus facile, et surtout il voit le sommet, hourra. Je le rejoins en quatrième vitesse et enchaîne une traversée en neige et glace de 100 mètres, on est au pied du champignon sommitale. Je laisse l’honneur à Ben de se régaler avec cette formation si originale et tant attendue. On vit un rêve d’alpiniste.
Ben au pied du champi
8 mètres plus haut c’est le sommet, ça y est ; on est en haut de l’aiguille Standhardt.
Encore un sommet de plus : )
La vue est magique, on à l’impression de pouvoir sauter sur le Cerro Torre tellement ça a l’air proche. On le dévore, l’analyse sous toutes les coutures, on s’en imprègne, c’est sûr celui là il nous le faut.
Cerro Torre, on t'aura

Nous commençons la descente, tous les rappels vont se dérouler normalement
Les rappels
et vers 20h00 nous sommes de retour à la tente. Tout c’est déroulé comme sur des roulettes.

Un poil défoncé mais surtout brûlé vif
De retour à El Chalten on parle de cette voie à plusieurs personnes et apparemment c’est la première fois que les 2 goulottes se font à la journée. Normalement les cordées bivouaquent au pied d’« Exoset » pour ne pas être trempées. 
De plus nous avons commencé Tomahawk par une nouvelle longueur et en libre. Le tracé du topo original prends en L1, une rampe en 5+ et un peu d’artif. Nous sommes passés tout droit, sous la goulotte. 
Nous avons donc signé la première ascension en libre à la journée de cette connexion, ça fait toujours plaisir, non !!!

lundi 15 février 2010

Le film de l'Expé en Patagonie

Voilà, il est normalement fini, du coup vous pouvez aller voir à quoi cela ressemblait. En tout cas on s'est bien marrés. le lien est sur la droite du blog.

Pour résume l'expé : on est restés 30 jours au total au camp de base. On a ouvert 2 nouvelles voies :
- "Tchao pantin"400m, 6c, A2, sur le contrefort du Cuernos Este en face est.
- "Voie normale de l'Almirante nieto" 1000m, AD (passage en 3+) en face ouest.

Puis en essayant d'ouvrir en face sud, nous sommes tombés sur des reliquats de relais bien défoncé par le vent et les intempéries. Mais nous pensons avoir fait une variante en cherchant de belles fissures. Arrivés dans le rocher noir on a continué pour atteindre l'antécime du Cuernos Este. Au final un bel itinéraire de 600m tout en libre en 6c.

Un beau but dans la Mascara 600m gravis sur 800m.

Et puis le chantier qui nous aura pris 10 jours d'artif avec Jean-mi Arnaud et Cyril Dupeyre. La face est du Cuernos Norte. On était partis cette fois-ci pour répéter une voie à Twid Turner "For a fistfull of dollars". Mais à partir de R4 plus de trace de la voie et nous ouvrons 8 autres longueurs pour rejoindre enfin sa voie au prix d'une longueur de 5h30 avec 2 pendules et 13 crochets en traversée. Au final nous sortons la voie et le sommet par un grand beau temps digne des hautes alpes. Nous baptisons notre variante "For a fistfull of chapatis". Et oui nous n'avions pas pris assez de barres "Nature Valley", du coup nous fabriquions 5 chapatis au sucre par personne et par jour pour les remplacer. Faites le compte 3 personnes x 10 jours x 5 chapatis (150 pour les nuls) et ce n'était pas des petits. Et je ne vous dis pas le temps passé à les faire et les cuire.

Voilà pour cette aventure riche en émotions et en apprentissage, bientôt la prochaine qui est en préparation pour l'Alaska avec mon compère Ben Guigonnet.

dimanche 12 avril 2009

Ouverture grande class à la Grande Rocheuse

Après avoir gravi Lundi 6 "Late to say i'm sorry", nous avons repéré (Ben guigonnet, Jérémi Rumebe et Sylvain Audibert) une ligne plus à droite qui se prête à une nouvelle voie.
Nous nous y rendons le jeudi pour voir de plus près ce que ça donne.

De loin ça à l'air d'être assez dur, du coup nous ne prenons pas de risque et prévoyons 2 jours pour la parcourir. De plus la météo n'est pas terrible.
Nous y monterons à 4, car pour rien au monde l'un de nous ne veut laisser sa place.



Le premier jour nous remontons pour la deuxième fois le couloir Couturier qui mène à l'Aiguille Verte (4122m) et ouvrons 3 longueurs de 50m en 5 heures. On redescend en les fixant à l'aide de 3 brins de rappel. Ensuite nous dormons tous les trois sur des vires creusées à même la pente.
La nuit sera affreuse pour tous, car des spindrifts (fine coulée de neige) coulerons toute la nuit, remplissant de ce fait les terrasses.
Au matin c'est grise mine pour tout le monde.
Nous remontons les cordes fixées la veille, avec une météo très défavorable (vent et neige) et ouvrons les 3 dernières longueurs pour arriver à l'arête débonnaire.
Toutes les longueurs sont class et rien n'est facile, au total 6 longueurs collector pour 300m de bonheur à ne pas sous estimer.

Nous avons baptisé cette nouvelle voie "Ouh yeah !" et pour la difficulté 5+ en glace, M6 en mixte à protéger soi même bien sûr et 3 mètres d'artif en A1.
La descente se fera en rappel dans la voie et le couloir Couturier pour arriver vers
22h à Chamonix, un peu défaits je vous l'avoue.
Le topo pour bientôt ...

dimanche 8 février 2009

Ouverture Collection automne-hiver

Ouverture le 21/01/09 par Fred Degoulet et Benjamin Guigonnet et le 01/02/09 avec Arnaud Bayol pour L8
300m dont 130m originaux : 7b+ (ou 6a/A0), M7, VI, 6

Départ par la longueur « Nouvelle collection » puis ouverture d’une connexion en bas de la face pour rejoindre la L2 de « Quartier nord ». La jonction en 6a n’étant pas possible car nous serions arrivés sur de la glace fine et décollée (relais douteux).
Puis ouverture de 3 longueurs en haut de la face sur 2 beaux tubes exceptionnellement formés et enfin, une dernière longueur en dry pour se finir les bras.

Matériel nécessaire : 14 dégaines (à cause de L3), 5 friends (pour L1, L2 et L8) du 0,3 au 1 Camalot, 1 piton (lame fine) au cas où.
Topo :

L1 : 30m, 7b+ ou 6a/A0 (4 spits), VI, 6. Le freestanding ne touche pas et était légèrement décollé à cause du redoux ! Longueur psycho ! Relais sur la méduse recouverte d’une succession de croutes de regel "dégeu".
L2 : 40m en traversée, 5c+, 2 pitons en place. Le deuxième est équipé d’un mousqueton afin de penduler pour sortir sur la vire. Rocher assez médiocre dans l’ensemble. Relais sur R1 de « quartier nord » (2 spits).
L3 : 55m, M7, 5, glace fine en sortie (engagée). Très belle longueur de dry parsemée de glace et bien spitée (environ 12). Grosse ambiance gazeuse car très devers. Relais sur broches.
L4 : 60m, III, 4+, grosse envolée toute en glace. Relais sur broches.
L5 : 55m, III, 4+/5, traversée sympathique. Relais sur broches dans le renfoncement.
L6 : 30m, IV, 5+, beau tube très sculpté. Relais au pied du freestanding sous le dévers.
L7 : 40m, V, 6, freestanding qui pend dans une voute sur 15 mètres. Relais sur broches.
L8 : 25m, M5+, III, 5. Une petite longueur de dry très esthétique pour la récup active. Un piton et un spit en place. Relais sur arbre.