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dimanche 27 septembre 2009

"The Prow" A2, C3, 450m à washinton Column

Et me voila reparti pour de l’artif avec Johanna cette fois ci. Dimanche 20 nous avons préparé le matériel, la nourriture et bien sûr la tactique pour aller le plus vite possible. Pour Johanna c’est son premier big wall en artif. Elle n’a jamais dormi sur portaledge, ni hissé de sacs. Je lui fait part de mon expérience et elle me fait confiance pour la logistique. Nous commençons le lendemain vers 5h00 du matin afin de faire l’approche et d’arriver avant d’autres cordées. Car ici le plus dur c'est d’être devant les autres afin de ne pas être ralentis. A l’attaque il y a un américain en solo qui n’a fixé qu’une longueur la veille, mais il nous dit qu’il ne peut aller plus loin car il s’est fait piquer par une guêpe à l’œil et son autre œil est aveugle. Du coup redescente pour lui et il nous donne 10 litres d’eau qu’il avait porté jusque là. Le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres. Au deuxième relais nous observons un deuxième soloiste, irlandais celui-ci. Mais lui ne nous gênera pas trop il a déjà 2 longueurs d’avance sur nous. Notre tactique, le premier jour, est de fixer 4 longueurs, en apportant avec nous tout le matériel technique et le soir redescendre dormir à Camp 4. Le lendemain, amener la nourriture et le reste de l’eau nécessaire pour tenir 2 jours en paroi. Nous avons prévu un jour de rab, c’est plus sûr.
Nous réussissons à fixer jusqu'à R4 puis nous redescendons. il est 16H00, c’est cool nous avançons bien. Nous avons même rattrapé le soloiste. Le lendemain nous refaisons l’approche avec le reste des affaires, hissons les sacs et portaledge et reprenons notre ascension de la veille. Nous nous arrêtons à R9 et dormons à R8 car une petite vire nous procure un peu plus de confort. Nous avons réussi aussi à doubler l’Irlandais, qui est complètement lyophilisé. Et oui il n’a pris que 3 litres d’eau par jour ce qui est très peu par rapport à la chaleur qu’il fait ces jours-ci (39/40°C). Nous avons pris 5 litres d’eau par personne et par jour et nous pensons finalement ne rester qu’un jour au lieu de deux dans la voie. Du coups nous lui donnons 7 litres, il nous remercie du fond du cœur et nous traite de gentleman. Le pauvre n’arrivais plus à parler tellement sa gorge était sèche.
Le lendemain nous sortons la voie vers 15h30 et prenons le temps au sommet. Nous avons réussi à tout faire en "Clean", c'est cool.Nous laissons encore un peu d’eau pour notre ami, ainsi que des friandises, Il sera sûrement heureux de voir ça.
Viens le temps de la redescente qui est, de source du topo, assez compliquée et très dangereuse, car exposée, s’il on dévisse. En effet il ne faut pas tomber. Le chemin longe une falaise et des passages en escalade en 3+/4 sont obligatoires, sauf que nous sommes chargés de sacs très lourds, 20 kg pour Johanna et 30kg pour moi (et oui elle ne pèse que 50 kg la petite demoiselle).
Arrivés en bas, elle appelle son petit copain et il nous ramène tout les 2 au camping. Et oui, elle n’est pas seule dans la vie cette petite plante.

lundi 8 juin 2009

Artif, encore ...!

Ça faisait un moment que cela me trottait dans la tête. Faire une voie en solo, qu'est-ce que ça fait ? J'ai donc essayé pour voir. Mais je vous rassure, je ne suis pas fou, solo oui, mais auto-assuré, il ne faut pas déconner.

Je me suis donc rendu dans le Verdon, la mecque de l'artif en France. J'ai choisi une voie facile pour ne pas me mettre trop au taquet. C'est donc sur la voie "Pourquoi j'ai mangé mon père" que mon choix c'est porté. Le petit challenge en plus, était de la faire à la journée pour rajouter un peu de piment.

Vu que c'était nouveau pour moi, j'ai fait les choses correctement pour mettre toutes les chances de mon côté. Repérage par le haut de la sortie et portage du matos au pied de la voie, pour réussir l'ascension à la journée.

Une bonne nuit de sommeil un peu perturbée par une excitation extrême et vient le son du réveil à 5h00. J'attaque la voie à 6h30 pour avoir toute la journée devant moi.

La première longueur avalée, je suis dans le vif du sujet. J'essaye d'optimiser les manips de corde, pour ne pas perdre de temps, mais il me faudra plusieurs longueurs pour que ça roule mieux.

La voie est quand même un peu trop facile et déjà bien équipée, c'est dommage, mais bon je m'efforce de récupérer le maximum de pitons en place pour rendre le jeu un peu plus intéressant pour les prochains. Viens la 4ème longueur, la clef de la voie, cotée A3 à l'ouverture. Elle est maintenant quasi toute équipée. Cela gâche l'ascension mais bon, c'est comme ça.

Je regarde la montre et m'aperçois que ça va vite, il est 14h10 et je suis déjà dans la dernière longueur. J'aurais peut-être dû viser plus haut...

Ça y est, c'est fini, en tout 9h00, c'est plus court que ce que j'aurai cru. Au final le solo c'est bien mais on est quand même mieux à deux. Je ne pouvais pas faire rire mon compagnon de cordée, et cela c'est ennuyant. Je me suis quand même bien marré tout seul. Maintenant, je sais à quoi ça ressemble et ça on ne pourra pas me l'enlever.