lundi 26 octobre 2009

Bientôt la fin ...

Et oui je sais que mon voyage touche bientôt à sa fin et je m'en réjouis un peu car mon corps réclame des vacances. Mon dos est plein de noeuds à force de grimpe et de dormir depuis près de 2 mois sur un karimat gonflable. Mes bras, bien qu'affutés, sont courbaturés, mes coudes commence à être douloureux, mes poignets de même... et ma main toute entière crie STOP ! Mes doigts couverts de steaks saignent à chaque fissures un peu trop étroites.
Mais tout cela ne m'empêchera pas de remettre le couvert pour ces derniers jours. Et dire que je commence à me plaindre, alors que je suis sûrement au meilleur endroit de la planète pour grimper sur friends.
Pour soigner mes doigts je me suis mis à faire de la fissure large. Genre tu prends : 3 numéros 4 , 5 numéros 5 et 2 numéros 6 et tu part sur 35 m (taille camalots). Toute la panoplie des coincements de mains (fists, butterfly, lévitation, double fists) coincement de genoux conseillés.

Je vous montre mes quelques dernières réalisations. Et je vais me remettre en action pour ces 4 derniers jour de grimpe. Prochain gros projets : enchaîner cette offwitdh de dingue en 6c, elle s'appelle "The Big Baby".

samedi 24 octobre 2009

10 jours de grimpe et enfin ça paye : )

Et oui il suffit d’insister et le niveau monte. Voilà ma petite liste de croix après un dur labeur et de nombreux vols sur friends:
- Un 7a à vue

King Cat 5.11d on sight !!!
- Deux 7a+ au premier essai


Anunnaki 5.12a, léger devers bien technique.

- Un 7b après travail

Middle Crack 5.12b, hou yeah (5 essai quand même)

Mais je me suis fait calmer direct quand j’ai voulu essayer un 7c à doigts. Je me suis fait 4 steaks sur deux de mes doigts (Aouuucchhh !!) Du coups je vais devoir attendre un peu avant de refaire des fissures à doigts.

Cat Burglar 5.12c/d : ouille ça casse les doigts !

Je viens de comprendre une chose. Tout ce qui est en dessous de 7a+ peut être grimpé sans trop de difficultés. Après cette cotation, il faut acquérir de nouvelles techniques, dans les fissures de taille peu commode, entre la taille des doigts et la taille des mains (c’est-à-dire entre 2cm et 5/6cm).
Là on entre dans un nouveau monde de douleur et d’effort intense. Les fameux finger lock (doigts dans la fissure en torsion), ring lock (le pousse sert de levier et on bourrine dessus) et thin hands (là encore torsion de la main à peine rentrée dans la fissure). Toutes ces techniques sont faciles en théorie, mais en pratique c’est autre chose. Aucune sensation de contrôle, tout est fuyants et les zippettes sont courantes.
La technique des pieds change aussi et on se retrouve à grimper comme une grenouille, le cul en arrière et les bras tendus (Ce n’est pas joli à voir, mais c’est efficace).
J’ai rencontré un Canadien avec qui je grimpe en se moment,

Simon

il est bien fort et essaye de m’apprendre ces techniques pour monter en niveau. Simon à pas mal voyagé, il est allé au Pakistan s’essayer aux Tours de Trango avec plus ou moins de succès ; Je pense que c’est un bon coach pour les fissures.

mercredi 21 octobre 2009

Powders of Persuasion à Bridger Jack Tower, 160m, 5.11a

Quand j’ai vu cette ligne avec ce dièdre interminable j’ai tout de suite su que je devais y aller. J’ai ensuite regardé le topo et le dièdre fait 60m tout rond. Un incroyable dièdre de 60m en 5.10d. Je recrute immédiatement un compagnon de cordée, se sera Matt. Nous remontons donc tout les 2 la colline qui mène à Bridger Jack et nous sommes vraiment impressionnés par le fameux dièdre. Mais chose plus étonnante, ce n’est pas le dièdre le plus dur. C’est la cheminée offwidth qui se trouve juste avant le creux de cette voie. Il s'agit d’une longueur de 40m pleine de sable où la grimpe empreinte toute les techniques de fissure large, main, grosse main, poings, chicken wings (on enfonce le coude dans la fissure en fermant le bras très fort, et du coup les muscles gonflent et forment le coincement), cheminée et squeeze (la fissure est large comme le corps voir un peu plus, mais on ne peut pas utiliser la technique de cheminée, c’est ce qui a de plus éprouvant avec l’offwidth). Matt fait la première longueur sans trop de difficulté (5.9) puis je me charge de la cheminée sableuse. Elle n’est finalement pas trop dure, heureusement. Mais nous sortons de ces 2 premières longueurs déjà bien colorés par le sable ocre. Nous sommes au pied du dièdre et la pression s’empare de moi. Ce dièdre semble interminable, ça va être long. Il commence en taille N° 4 Camalot puis 3 et enfin 2 la meilleure taille. Mais les choses se compliquent un peu arrivé au milieu de la longueur (soit déjà 30m d’escalade). La fissure devient légèrement déversante et plus fine (taille N°1 Camalot), les muscles de ma main sont daubés et je commence à sentir des petites impulsions électriques tellement l’effort est intense. La fissure est légèrement sableuse, rendant la chose encore plus pénible. Après un bon combat je me paye un bon vol de 10 mètres complètement épuisé. Je repars et fini la longueur, cela m’aura pris 40 minutes et 17 friends pour en venir à bout. Matt me rejoins après une dizaine de chutes et nous savourons déjà la victoire. Mais c’était sans compter cette dernière longueur pourrie de 40m dans du rocher brisé et feuilleté. Enfin en haut,nous sommes tout les deux épuisés et nous ne voulons qu’une seule chose, DORMIR !! et boire une bonne bière bien fraîche. Arrivés au campement Matt s’aperçoit qu’il a oublié sont portable en haut de la tour sur le kairn. Nous devons donc faire une nouvelle voie dans les prochains jours pour le récupérer. Quelle bonne excuse !