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jeudi 26 mars 2009

Fini l'expé, retour en France

Comme ça passe vite un mois et demi d'expédition ! Une belle réussite en tout cas.
Quatre objectifs réussis et une tentative avortée.

De nombreuses rencontres enrichissantes, de bons moments passés ensemble, un temps correct pour la Patagonie, un vent et un granit digne de sa réputation. L'expédition a été une réussite !
On est rentré jeudi en fin de matinée du Chili après plus d’une vingtaine d’heures d’avion et 3 escales.
Petit retour en arrière sur les derniers jours chiliens.
Mardi 17 mars, au camp Bader, c’est grasse matinée pour tout le monde. Cyril et Fred montent chercher le reste du matériel de l’équipe du Cuernos Norte laissé au camp de base avancé.
Un dernier portage sous un vent violent malgré le soleil radieux. Pendant ce temps au camp de base on trie, on range et on pèse le matériel dans les bidons afin de préparer le portage des mules de demain.
Après un déjeuner copieux pour finir les restes de nourriture et une petite sieste, toute l’équipe descend au refuge du Cuernos afin de prendre un bon dîner et fêter la fin de l’expé. La cerise sur le gâteau est le bain norvégien préparé par Andrés (le cuisinier du Cuernos).

Un bain dans un tonneau de bois avec de l’eau chauffée par un poêle en bois immergé directement dans l'eau! Imaginez 7 grimpeurs qui viennent de passer 1 mois en camp de base, dans bain à 28°. Un pur bonheur !
Après le dîner et quelques bières, la remontée pour la dernière nuit au camp Bader ne fut pas des plus facile à la frontale, au milieu de la végétation patagonienne.
Mercredi 18 mars, branle bas de combat au camp Bader, on mange les derniers Chapatis pour le petit déjeuner, on plie les tentes, on nettoie le camp et on prépare les derniers sacs à faire porter par les mules. Le challenge faire rentrer le plus de matériel possible dans le moins de sacs/bidons possible et en équilibrant les sacs pour le portage des mules qui ne peuvent porter que 40kg.
A 13h les Gauchos (cowboys chiliens) sont là avec les 7 mules commandées. Après un rapide coup d'oeil à notre chargement, les mules peuvent tout porter. Soulagement, on va faire cette dernière marche de retour avec un sac raisonnable. Par chance ces derniers kilomètre se feront sans pluie ou presque … mais on ne pourra pas voir les fameuses Tour du Paine qui resteront dans la brume.
On avance plus vite que les chevaux et à 19h les mules se font attendre, dans moins de 20mn on doit prendre la navette qui nous ramène au bus en direction de Puerto Natales. Petit coup de stress. Les mules arrivent, on les décharge avec les gauchos, tout en prenant garde aux sabots arrières, une ruade est si vite arrivée.

On charge la navette arrivée avec 10min de retard, on paie une surcharge de bagage et on rejoint le bus qui nous ramène à la civilisation. Heureusement il nous a attendu, malgré notre retard. Après 2 heures de voyage, on arrive à notre hôtel qui sera notre dernier camp de base jusqu’au départ.
Tous ces efforts, nous on ouvert l’appétit ! Direction, le Masay, restaurant qui se souviendra de notre passage. Après un premier service, nous ne sommes pas rassasiés, une 2eme tournée de barros et de cerveza est obligatoire (comprenez sandwich chauds chiliens et bière). Une heure plus tard, on retrouve l’hôtel, rassasiés et surtout très fatigués !
Jeudi 19 mars, journée shopping (souvenirs et cadeaux), chacun parcours la ville à la recherche de son cadeau : Tee Shirt, bol à Maté («infusion» typiquement chilienne que les gauchos boivent à longueur de journée), en passant par les bonnets en laine…. Mais avant, direction la laverie afin de laver «à la machine» nos vêtements, utilisés pendant plus d’un mois, mais surtout rasage pour les 2 barbus (Cyril et Jean Mi).
Vendredi 20 mars, la matinée est consacrée à un dernier tri du matériel en vue du fret. A midi on retrouve Cristian de
Fortaleza Expediciones, notre contact et maintenant ami de Puerto Natales pour un resto végétarien !
Malgré les a priori de certains, on repart ravi de ce repas sans viande. Le dessert quant à lui est pris dans un salon de « café » où en plus de servir de bon cafés, ils fabriquent du super bon chocolat et les gâteaux qui vont avec. Les gourmands sont ravis, les autres aussi.
Ensuite commence le dur tri des photos, on peu dire que l’on s’est lâchés, avec pas moins de 6 appareils, il y a de quoi faire. Après un bon repas cette fois ci basé sur le poisson, on termine au pub du coin, histoire de fêter toutes les croix réalisées.

Le samedi 21 mars, Fabien, Cyril, Julian, Jean Michel et Romaric, ont décidé d’aller faire du Kayak de Mer sur le Fjord bordant Puerto Natales. C’est avec Cristian et son guide de Kayak Eric que nous traversons la ville déguisés en Pingouins (combinaisons néoprène et gilet de sauvetage) pour rejoindre l’eau mi-salée, mi-douce. Nous partons tout d’abord sur une « mer » plate, qui va vite devenir houleuse sous le vent. Là commence une remontée à contre courant jusqu'aux piscicultures à saumon situées au milieu du fleuve. Ceci met à mal nos dorsaux : le kayak de mer, c’est du sport ! Après une pause, nous repartons direction Puerto Natales avec cette fois ci le courant avec nous, cela va tout de suite mieux, on peut même « surfer » les vagues. Ce qui n’empêche pas Fabien et Cyril de chavirer non loin de l’arrivée et de goûter à l’eau froide du Fjord. Pas facile de remonter dans un kayak au milieu des vagues, heureusement Eric va leur permettre, après plusieurs tentatives, de reprendre la direction du port. Malheureusement, on n’a pas de photo, l’appareil ayant pris l’eau dans le chavirage …
Le soir c’est barbecue chez Cristian. Au menu : Viande. Mais pas n’importe laquelle. LA viande de Patagonie. De l’avis de tous la meilleur viande que l’on n'ai jamais mangée, que se soit l’agneau, la vache ou le poulet, la tendresse est au rendez-vous et c'est un vrai régal, dégusté sous une bâche en plastique nous rappelant le camp Bader ; la pluie et le vent s’étant invités.
Super soirée en compagnie de locaux et amis de Cristian.
Dimanche 22 mars, à midi nous rencontrons un grimpeur local « Pato » qui nous propose de faire du bloc sur un site proche de la ville. Rendez-vous est pris l’après-midi pour découvrir le superbe site de blocs de Dorothéa. C’est un site classe, le rocher est un conglomérat dont les galets sont plus ou moins gros et dont les parcours sont plus ou moins engagés.

Un après-midi de reprise de grimpe qui montre que l’escalade en fissure ou l’artif n’aident pas à la perf en bloc…..
Lundi 23 mars, Romaric, Cyril et Fred décident de devancer leur compagnons, pour rencontrer les fameux Pingouins de Magellan. Ils quittent donc Natales à 10h pour aller à Punta Arenas, pendant que les autres règlent les derniers détails du Fret avec Cristian.

A 16h, en minibus touristique direction Punta Arenas et un parc protégé que les Pingouins investissent pendant la saison des amours ; mais c'est la fin de la saison et la colonie de pingouins s'est réduite à une trentaine de rescapés, juste assez pour faire des photos.
Heureusement ils avaient été prévenus par la charmante guide qui les accompagnait, une fois embarqués dans le mini bus….
A minuit ils retrouvent Founet, Jean Mi, Fabien et Julian à l’aéroport pour une nuit à l’arrache sur une aire de jeux pour enfants (un espace souple qui fait office de karimat en attendant l’avion pour Santiago du Chili qui décolle à 6H30.

Une courte escale à Madrid et nous voilà de retour à Lyon. Le voyage s’est bien passé ; il ne manque que le sac de soute de Jean Mi qui c’est perdu…. pas pour longtemps on espère.

Merci à toutes les personnes qui nous ont suivi, les personnes qui ont laissé des commentaires sur les blogs. On remercie aussi les personnes qui nous ont aidé sur place (Cristian, Eric, Andrés, Sébastian, Pamela) ou avant de partir (Jérome, Sylvain, Jean), les personnes qui ont publié les messages sur les sites web (Régis et Vincent), Fred Salle pour nous avoir indiqué cette vallée.
Mais surtout on remercie : la FFME sans qui on n'aurait pu partir, les fournisseurs officiels : Quechua – Beal – Nature Valley et les partenaires de l’expé : Petzl, L’imprimerie Edelweiss, Yogi Tea, E-Sat, Optimus et Trekking Eat.

L'équipe Enja


mardi 17 mars 2009

Bravo "a fistfull of chapatis" 360° au sommet

Samedi 14 mars à 17h 30, Fred, Cyril et Jean-Mi ont posé au posé au sommet
mythique du Cuernos Norte. Onze jours de grimpe et 8 nuits sur Portaledge ont été
nécessaire pour enfin, à la faveur d’une alcamie de vent, contempler sur 360°
le paysage du parc national de Torres del Paine : une belle récompense et une belle fin pour cette expé de l'Enja en Patagonie !

La persévérence paye toujours : suite à la deuxième séquence d'ascension le beau temps et la "température élevée" avait imposé un court retour au camps de base pour se refaire une santé, refaire le plein de chapatis en attendant un nouveau créneau de beau temps pour finir la voie. Souvenez-vous, pendant 3 jours, les pentes de neige et glace du sommet fondaient à vue d’œil et se transformaient en douche permanente, sans compter les pierres et les plaques de glace qui tombaient aussi par intermittence. "C’était le comble, il faisait beau et nous aurions pu continuer." Le retour au camp de base aurait dû être un réconfort appréciable masi c'était sans compter sur une certaine tension générée par la perspective du retour à Puerto Natales et un nouveau créneau qui tardait à pointer son nez. Cyril, Jean Mi et Fred ne dormaient plus tant l’obsession grandissait. Il ne manquait qu'une centaine de mètres pour sortir des difficultés !
Jeudi 12, la météo est mauvaise, mais un créneau de beau de 3 jours est annoncé pour le lendemain. Il s décident d’anticiper en montant dormir au camp avancé afin de hisser l’eau et la nourriture nécessaire pour 3 jours ; juste ce qu'il faut de le temps pour finir l’ascension.


Durant la nuit, la tempête fait rage et dans la tente il est dur de dormir jusqu'à 5 heures du matin, l’heure du réveil. Vendredi 13 au matin, le froid est de retour, il neige, l’équipe remonte les dalles verglacées non sans quelques gamelles. Puis viens la longue remontée des cordes statiques givrées (500 m). La grimpe est rude car le vent est froid et violent (environ -15° ressenti). Ils parviennent malgré tout à gravir 3 nouvelles longueurs. Il ne reste que 10m avant la fin du Granit ! Le reste typé montagne, (150 à 200m) parait bien plus facile. Pour samedi, une météo identique étant prévue, le sommet ne serait pas envisageable. Donc, changement de stratégie : sortir du granit au plus vite et repérer la suite, anticiper la descente (relais et déséquipement…)
Mais, surprise ! Samedi, en début d’après midi, le vent tombe, ils sont en haut des difficultés (19 longueurs) et décident de continuer jusqu'au sommet. Cette fois tout se déroule mieux que prévu, la dernière partie jusqu'au sommet se fera sans baudrier et accessoires, "les doigts dans le nez", le terrain le permet (un grand pierrier).
La tension redescend et les sourires reviennent ; le soleil est au rendez vous rendant le panorama exceptionnel. Le rêve inespéré.
En redescendant vers 18h00, la première partie (200m) est déséquipée. Une dernière nuit sur portaledge est nécessaire avant de finir de déséquiper la voie.

Le créneau était vraiment court car durant la nuit il neige. Le retour au camp de base, sous une pluie battante ne les affecte pas, car un nouveau sommet est dans leur poche.
Ci-contre, tout le matériel est trempé.

Ils retrouvent au camp de base leurs compagnons revenus d’un trek vers le lac Grey.
En effet pendant ce temps, Romaric, Julian et Fabien (Jean-Francois restant au camp pour la logistique et la sécurité) étaient partis vendredi 13 en direction de la «Vallée Del Francés».

Le mauvais temps dans celle-ci présageait une vue limitéé à la forêt de fond de vallée, toutefois ils décident de pousser jusqu’au camping Péhoé. Un magnifique coucher de soleil sur les Cuernos les en récompense. Le lendemain, ils partent direction le lac Grey. La violence du vent de face leur permet de léviter ! La végétation est totalement différente de celle de la vallée Bader, les arbres sont plus hauts et le terrain plus humide. Au refuge Grey, ils apprécient, sous un soleil radieux, sans vent, le glacier plongeant dans le lac. Pour terminer leur boucle, ils prennent un sentier qui les mmène au ras des séracs. En toile de fond le Paine Grande, superbe !! De retour sur la terre ferme ils font du stop pour aller dormir à l’Hôtel explora. Celui-ci est tenu par un couple de chiliens
rencontrés quelques jours auparavant. Le lendemain, ils rejoignent le chemin qui les mènent à la Vallée Bader en alternant Stop et marche. Les dernières heures du trek se font sous une pluie battante ne laissant pas voir les fameuses tours du Paine. Dommage, mais ils rentrent avec des images plein la tête et les cartes mémoire.
Aujo
urd’hui lundi 16 mars, rangement du matériel,afin de préparer le portage des mules
qui aura lieu mercredi 18 mars.
Les prochaines news de Natales.

vendredi 27 février 2009

"tranquille", tout va bien au Torres del Paine, Vallée Bader !

France, vendredi 27 - 21h00 - entretien satellite avec Frédéric
Rassurez vous tous, tout va bien. Mais aucun de nous n'en doutait, au vu des précédents messages. Mais de vive voix, on sait vraiment que tout va bien, "que nous avons beaucoup de change, on a tous réussi à grimper correct, certes il y a beaucoup de vent, pas trop de pluie ni de neige (au moins au camp de base) ;au camp de base (650m d'altitude) il fait bon - 15-20°C , 4 à 5°C au plus froid".
En une semaine chaque équipe a réussi à faire une belle voie. "Depuis la France, à partir de photos, des vues de loin, on ne savait pas si le rocher était bon ou pas ; on n'avait pas vraiment d'objectif clair. Sur place, un peu d'observation, de discussion sur des zooms de photos de repérage : on décide ensemble de qui, souhaite faire quoi, prédilection pour l'artif ou pas, en libre... On a eu la change de pouvoir grimper tous les jours."

Demain les 2 équipes repartent "on change les équipes et on profite d'un superbe créneau météo 3 jours annoncés grand beau et sans vent", vous avez bien lu -sans vent-
La météo, testée très juste "super à 1 ou 2 heures près, est fournie tous les 3 jours par l'agence locale (elle provient directement de la Nasa) pour les 5 jours à venir, par créneau de 6 heures".
Ne vous attendez donc pas à lire un nouveau bulletin avant mardi !

Fred part avec Cyril et Jean-Michel partent au Cuernos Norte, une face impressionnante, un big wall imposant en Granit pour faire la répétition de " for a fistfull of dollars - pour une poignée de dollars E3 A3+800M" ouverte par Mike Twid Turner - dans l'entrée de vallée ouverte en 12 jours en 1994 - 70 m de socle, 750 m de vertical en amphithéatre.
Cette face est à l'est, orientée contre le vent, "on va essayer de monter avec portaledge pour profiter au maximum du beau temps, sans vent le portealedge ne devrait pas se transformer en delta. En trois jours on devrait faire 800m, si on va vite. Au premier signe de vent on amarre le matériel plié et le sac, avec des points au dessus et au dessus, afin de limiter les mouvements et l'usure sur la roche ; on équipe en cordes fixes puis on redescend et on attend le prochain créneau de beau temps pour finir la voie."

En parallèle, l'autre équipe va répéter une autre voie de Twid Turner ouverte en 1999 sur le Mascara ‘For a few Dollars More’ ED3 ouverte en 4 jours, E3, en style Alpin "libre" à droite.

RV demain pour un retour complémentaire sur les 2 voies réalisées.
Brigitte