mardi 21 mai 2013

Face Nord du Râteau : Voie Cambon - Francou




Ça y est, l'appel de la montagne est trop fort ...
On décide avec "Mémé" de faire une petite visite au Râteau. Et on prend la voie Cambon - Francou comme défouloir

On se renseigne auprès de quelques répétiteurs mais il nous en apprennent autant que le topo. Les sacs sont près, nous sommes à La Grave, il est 15h30, le soleil brille, il fait très chaud. On se dit qu'on fait bien de se mettre au frais demain, avec cette canicule qui nous plombe.
Nous voulions dormir dans le resto à 3200m, mais une surprise nous attend, l'aide cuistot du resto à invité quelques potes pour une soirée bien arrosée. Nous dormirons au final dans la gare du téléphérique, plus au calme.
Elles sont belles, non ?
Une fois le repas avalé nous nous endormons paisiblement, le réveil est prévu pour 3h30 le lendemain.
Nous partons vers 4h20 après avoir rangé toutes les affaires et laisséles skis au resto, des fois qu'on rate la benne...
Ah oui j'ai oubliéde dire que demain la météo est horrible, neige iso 0°C à 1000m, du coup il ne faut pas traîner.
Nous accédons aux pans de rideau et vers 6h00 on attaque à remonter les pentes qui mènent à la rimaye.
Première frayeur lorsque voulant la franchir un bon "WOUUF" se fait sentir. Une belle fissure de 5 mètres de long se trouve juste au dessus de nous. On la franchit un peu plus loin et là rien ne bouge, sauvés.
Le tracé du topo est peu précis et nous décidons de nous diriger vers un grand dièdre gris clair de 120 mètres. Et oui armé de nos piolets et crampons, c'est là ou nous nous sentons le plus à même de grimper rapidement. Il s'avèrera que c'était plus à droite, dans des dalles compactes.

Ce dièdre se déroule en 4 longueurs, il y a des fissures mais aussi de bons blocs à éviter afin de ne pas finir écrasés. Ça grimpe dur dans chaque longueur, mais sans être extrême.
On fini par retrouver le bon cheminement en haut de la première tour. La suite parait beaucoup plus sain et la grimpe est très agréable.
On sort à la deuxième tour et la longueur avec la "crête de coq" est très impressionnante car la neige est bien présente dessus.
video
La suite fut mémorable arrivés sur l'arête faîtière du Râteau.
Normalement le retour, en été, est assez rapide et facile, il suffit de descendre un peu côté sud et de traverser sous l'arête pour rejoindre le col de la Girose.
Mais avec toute cette neige humide en face sud, c'est juste mission impossible.

Mémé parvient à tirer une longueur en traversée de 50 mètres en une heure, je le rejoins, non sans mal. Des coulées de neige lourde partent sous les pieds, nous n'avons aucun bon ancrage, je tombe 2 fois en second. Mémé me crie dessus en me disant que je ne dois pas tomber car le relais qu'il à fait est plus que moyen, mais je donne tout pourtant...

Dans ma tête il est impossible de continuer comme cela.

A cela il faut rajouter le mauvais temps qui vient sur nous à grand pas. On ne l'avait pas vu venir, il était prévu pour le lendemain et nous sommes à présent dans un épais brouillard.
Une fois arrivé à lui et profitant d'une éclaircie nous décidons d'un commun accord de nous faire hélitreuiller au vu des conditions et du mauvais temps prévu pour demain qui est déjà en train de nous arriver dessus.
En effet il nous fraudait bien 6-8 heures pour faire cette satanée traversée jusqu'au col et nous ne voulons pas finir comme les Italiens perdus dans le mauvais temps à la Barre des Ecrins et nous retrouver un peu refroidis.
La suite s'enchaîne vite, il faut remonter en artif à l'arête afin que l’hélico nous récupère plus facilement.
Il arrive et nous sommes évacués très rapidement, ouf.

Après cela c'est notre fête arrivés à La Grave, tout le monde est déjà au courant et nous devons payer notre tournée pour ne pas nous faire huer sur la place du téléphérique.

Enfin bon, plus de peur que de mal.
Nous aurions du partir un jour plus tôt pour pouvoir nous garder un peu plus de marge par rapport à ce mauvais temps de vendredi, mais les expériences sont toujours bonnes à prendre lorsque ça finit comme cela.


lundi 18 février 2013

Les racines du fiel


Ben Guigonnet et Max Bonniot, sont passé à la maison, pour prendre quelques infos et me proposé de grimper ensemble. Ils ne savaient pas trop quoi faire mais ils voulaient en chier, ça c’est sûr.
Les plans s’échafaudent les uns sur les autres mais rien n’emballe vraiment tout le monde. Jusqu'à ce qu’une vieille image des racines du ciel me revienne. Il me semblait qu’une fissure parcourait le mur sous la deuxième racine, qui permettrais de faire une ascension direct et par la même occasion ouvrir une variante pour que cette ligne soit plus souvent parcouru.
Une fois que la ligne des « Racines du ciel » fut envisager, je senti le regard de mes deux compères s’écarquiller. C’est sûr j’avais capté leur attention. C’est une ligne majeure que peu de personnes ont gravi au regard des conditions exceptionnelles qui faut.

En effet, deux sections de glace ne sont quasiment jamais en conditions ensemble, permettant de gravir cette ligne. 
Les racines comme vous la verrez souvent
L'année exceptionnelle de 2006
Je les préviens direct, en leur disant que s’il on se lance là dedans ce sera long et dur. Il sont heureux et moi j’ai trouvé des potes aussi fou que moi pour aller jouer les délinquants de l’inutile.
On décide de prendre un perfo et des goujons histoire d’avoir des protections fiables et que les répétitions soit possible plus souvent dans l’avenir.
Réveil 5h00, les potes passent me prendre à 5h30, parking à 6h00 et c’est parti pour une très longue journée. Montée en ski de rando, la nuit est encore bien noire lorsque j’attaque la première longueur en grade 6. C’est mythique, raide et sculpté à souhait  avec d’énormes méduses à contourner.
Max à l'air de s'amuser
J’enchaîne sur la deuxième longueur en glace dans sa première moitié puis en mixte ensuite. Nous sommes juste derrière la première racine sous un gros devers.
La ligne passe en traversée en 6b pour récupérer de la glace loin à gauche, mais il n’y en à pas. Nous décidons de forcer le passage en passant droit dans le devers en A0, et de prendre pied sur la première racine. Ben s’en charge et se régal avec cette nouvelle longueur en grade 6 avec un gaz de fou.
Ben dans la L3
Nous sommes à présent sur la tâche centrale de la ligne et la partie suivante pour récupérer la glace est longue et parait assez horrible. Il nous reste peu de spits, se sera un peu de libre, du dry et de l’artif, une bonne baston quoi.
Ben dans L4
Il va mettre 1h30 avant de rejoindre la glace. C’est suis une belle escalade sur glace raide et Ben plante 2 spits dans le toit pour faire relais. Nous montons à notre tour tant bien que mal, nous aussi en artif. Cette longueur restera en artif même en second.
Ben fait le relais dans le toit
Max s’occupe du dernier petit surplomb en traversant sur une draperie. Nous voulions Ben et moi qu’il se paye le plus beau vol sans conséquence de sa vie. Mais Max à assurer le coup même avec une bonne zipette qui lui a valu quelques beaux cris et insultes qui sortaient tout droit du cœur.
Max au départ de sa longueur très impressionnante
La suite deviens plus classique et c’est à la tombé de la nuit que nous redescendons en rappel.
Nous baptisons cette variante « les racines du fiel ».
Premier passage en rocher,  4 spits et un piton dans un gros toit, A0, grade 6. Deuxième passage M5, A2, grade 6 sur 40 mètres(5 pitons et 6 spits) cette cotation est toujours d’actualité même avec l’équipement en place, tellement le rocher est putride.
La ligne direct directe des racines du fiel

Gorzderette 2013, fête ses 10 ans !!!

Cette année, le rendez-vous était pris, l’inscription envoyée illico dès l’ouverture du site. Le dixième anniversaire de la Gorzderette, nous devions y être.
Toujours la même équipe, avec Ben Brochard, le duo de choc. Ensemble on est intouchable.
L’année dernière nous avions remporté pour la deuxième fois les lapins « Gorz », le mâle et « Derette » la femelle. Et on s’était juré de les ramener l’année d’après. La première année, ils ont fini dans une ferme dans le Vercors, ils sont toujours en vie d’ailleurs, mais impossible de les arracher à leur nouveau propriétaire.
Et bien après plus d’un an, 15 lapereaux et quatre déménagements, nous les avons ramené sains et saufs et surtout trois kilos de plus chacun. Et cela ne fut pas une mince affaire, car ces bêtes là, ça mange et ça chie tout les jours. Ils ont résisté à des températures étouffantes ainsi que glaciales lors d’un long séjour dans l’arrière pays niçois, et oui la saison de guide n’est pas tout à fait compatible avec la garde de lapins.
Vous l’aurez compris gagner  à la Gorzderette, c’est la merde et ça coûte cher en entretien…
C’est pour cela qu’avant de les ramener à Champagny, j’avais contacté Dom, le responsable de cet événement, histoire de négocier la garde des lapins en cas de victoire, en lui disant, en raccourci : « démerde toi, mais on n'en veut plus ! »
Ben avait bien proposé d’en ramener une dizaine et de les distribuer par tirage au sort, ou bien de ramener tout les animaux de la ferme (cochons, poule, canard …) mais trop contraignant au final.
Je pris la décision pour cette dixième édition de nous déguiser Ben et moi en « Lapins crétins ». Un en noir et l’autre en blanc, ça semblait logique pour la Gorzderette.
C’est donc avec les déguisements, les lapins et la bonne humeur que nous nous sommes rendu à Champagny-En-Vanoise.
Pour la dixième, l’organisation a prévu les choses en grand. Treize épreuves nous attendent et plus de 540 participants, ça va donner.
Le samedi matin 8h00 pétante, nous sommes à l’accueil des inscriptions pour récupérer le sésame afin de participer aux épreuves. Nous porterons le dossard numéro 10 pour la dixième équipe inscrite. Ça c’est un signe.
De nombreuses nouvelles épreuves ont fait leur apparition et notamment la « Slush-line ». C’est une slack-line au dessus d’une piscine d’eau mélangée à de la neige et du gros sel, pour ne pas que ça gèle.
La « gastounette », une traversée d’étriers à un mètre du sol.
Le derby du « 100m », ou tous les coups sont permis, pour arriver premier.
Le « tas de bois » à déplacer.
La recherche « Arva ».
Et enfin la « figure à dix ».
Tout cela en plus des traditionnelles épreuves chères à la Gorzderette et qui en on fait sa renommée, le « Ski-arc », la « Glace », La « course d’orientation », la « cordée », le « Surf de fond », les « Raquettes tandem », et enfin la « Luge à foin ».
Comme à l’habitude on enchaîne vite les épreuves pour être sûrs de toutes les faire. Tout se déroule bien et nous signons quelques bonnes performances dans une très bonne ambiance.
Vient la fin de la journée et toutes les épreuves ont été validés, nous sommes bien fatigués et des courbature font déjà leur apparition, pourtant il reste encore la plus belle épreuve, celle de la soirée à bien arroser.
Le soir tout le monde est sous le chapiteau pour la délibération des résultats, qui cette année, comme ils l’avaient annoncé est tiré au sort. Ils n’ont pas pu traiter les milliers de résultats et le podium est constitué d’équipes au hasard, juste énorme.
C’est seulement le lendemain matin que nous saurons que nous sommes les vainqueurs officieux de cette dixième édition.
Nous détenons par la même occasion le record de victoire sur cet événement, trois en tout !!!
C’est promis l’année prochaine on laisse notre place …

jeudi 17 janvier 2013

Le topo du secteur du dry contest de l'ICE

Voilà, notre travail à été bien récompensé au vu des efforts intenses, que les grimpeurs ont déployé pour enchaîner les belles voies, que nous leur avions ouvertes Dimitri Messina et moi en 2011 et 2012
Le green lantern alias Erwan Lelann dans un D5
Un beau secteur au début de la vallée du Fournel, juste à gauche de la cascade "Davidoff" et à cinq minutes de marche.
Manu Pellissier dans un M5
Lors de cette édition, toutes les voies ont été enchaînées, même le D11+, par notre Gaëtan national, membre de l’équipe de France de cascade de glace.

Au total, sur l'étape 2012, une bonne vingtaine de grimpeurs avaient participé; et cette année c'est environ quarante personnes qui se sont acharnées dans les voies. Ça criait, zippait, et jurait de partout.
Il y a de la technique là, non ?
A noter la présence cette année de quelques stars de la varappe à mains nues telle que : Nina Caprez, Enzo Oddo, Mickaël Fuselier, Florence Pinet, Jérôme Pouvreau, qui évoluent tous dans le 8ème, voire 9ème degré, en falaise. Pour tous c'était la première expérience en dry et tous en ont conclu que "ça déchire les bras et que c’est bon de se défouler comme ça".

Seul Nina à réussi à se qualifier pour les phases finales et même à décrocher une seconde place en finale, bravo.


Moi avec mes chaussures perso uniques à la sortie du M10

Au total 14 voies du D4 au D11+, partiellement en glace (Cotée en M comme mixte) pour certaines et avec beaucoup de prises naturelles.

Le topo du secteur "Accu", ci-dessous, bien sûr ces photos ont été prises à l'automne, il n'y a donc pas de neige.


Secteur de gauche
Voie 1 : D6, "pète moi l'accu"
Voie 2 : D7+, "Accu coucou"
Voie 3 : D5, "J'ai l'accu fissurer"
Voie 4 : D4+, "Tout doux Blanchette"
Voie 5 : D9, "Bouffe moi l'accu"
Voie 6 : D8, "Accu poncture"
Voie 7 : D8, "La proue"
Voie 8 : D8+, "Accu'lé"
Secteur de droite
Voie 9 : M8+, "A l'accu leu leu""
Voie 10 : D11+, "L'accu qui chue"
Voie 11 : M10, "Dry and fly"
Voie 12 : M9+, "Charge moi l'accu"
Voie 13 : M5, "Accu j'ai mal au pieds"
Voie 14 : D4+, "Accu namatata"

L'année prochaine on prévoit, un nouveau secteur, on y travaille déjà. Promis ce sera encore plus dur (hein Gaëtan).

lundi 31 décembre 2012

Ascension du Cerro Torre : Un Noël pas comme les autres


Une certaine habitude météo commence à faire ses preuves dans le massif du Cerro Torre. Chaque année vers Noël, il y a une fenêtre de beau. Comme si le père Noël aimait les grimpeurs et alpinistes et leur faisait à tous un cadeau commun, une ascension. Et quel cadeau, dans cette contrée si hostile et magnifique.
Notre plus beau présent cette année fut le Cerro Torre par la face ouest, la voie mythique faite de neige, givre et glace. Imaginez grimper sur une meringue géante, il n’y a pas d’équivalent, c’est juste un mirage, un phantasme d’alpiniste, une ascension orgasmique à chaque coup de piolets.
Un beau créneau de 6 jours de beau, sans vent, est prévu à partir du 23 décembre et c’est l’effervescence à El Chalten. Des plans sont échafaudés dans les quatre coins de la ville. Mais au fur et à mesure que la date du 23 arrive le créneau est de plus en plus court, comme d’habitude. Ce qui est sûr lorsque nous partons pour bivouaquer à « Nipo Nino » c’est que l’on a deux jours et demi de beau sans vent.
Notre projet est de faire l’ascension de la face ouest du Cerro Torre par la voie « Ragni ». Ensuite descendre en rappel par la voie « El arca de los vientos » et au niveau du « col de la conquista », essayer la première répétition de la voie « Venas Azules » qui amène au sommet de la Torre Egger.
La ligne de Venas remonte au milieu les langues de neige-glace
Nous avons le temps et sûrement les capacités de le faire. Cela reste un beau projet mais il faut déjà faire la « Ragni » ensuite on verra, ce sera un bonus de luxe.
On part donc le 23, accompagné de Sean et Stéphane, deux grimpeurs de rocher belges exceptionnels, eux aussi sont de la partie pour le Cerro Torre. Sean comme à son habitude, adore faire trempette dans l’eau à 5°C et en profite au lago Torre.
Sean et sa traditionnelle baignade, un malade, un belge je veux dire
On continue tranquillement avec quelques pauses sur le chemin, où d’ailleurs j’oublie par mégarde mon appareil photo. Ça me donnera l’occasion d’un petit footing en aller retour sur le glacier pour revenir le chercher. Comme disent les grands-mères « quand on à pas de tête, on a des jambes ». Je m’en serais bien passé!
Ben, tout content de marcher 5 heures
Arrivé au camp, Ben à eu le temps de récupérer les affaires laissées la dernière fois, cachées sous un bloc. Sauf qu’i y a eu un petit souci. Un put… de renard à élu domicile à « Nipo Nino » et a la fâcheuse tendance de se nourrir des vivres de courses des alpinistes. Du coup notre rab de nourriture à disparu, ma frontale à été bouffée et mon karimat gonflable est troué, ça commence bien !!!
Heureusement j’avais monté une autre frontale par contre le karimat je vais devoir le regonfler toutes les demi-heure si je veux « bien » dormir … Si je le chope ce renard, je l’empale au bout de mon piolet et j’en fais un assado (c’est la colère qui parle).
Réveil à 2h15, départ tardif à 3h30. On prend soin de cacher le reste de nourriture sous un énorme kairn de pierre, afin que le renard ne puisse pas manger nos vivres.
La remontée au col Standhardt est magnifique et la lumière orangée du matin illumine la face est du Cerro Torre, magique.
Le Cerro Torre et la Torre Egger en pleine lumière
7h15 nous sommes au col après avoir avalé les 1200m de dénivelé, on attaque directement les rappels pour basculer de l’autre côté. Il y a une cordée de norvégiens devant nous. On descend 600m de glacier et on remonte pour arriver au « col de la Esperenza », déjà 2100m de déniv, il est 14h00.
Le col de la Esperanza, là où tout commence
Plusieurs cordées sont sur le même créneau que nous (venues en majorité par le passo Marconi) mais elles ont toutes fait une pause avant le col pour refaire de l’eau.
Nous avançons, notre objectif est d’aller le plus haut possible et commencer à regarder pour bivouaquer vers 18h00, histoire de bien se reposer car le sommet du Cerro Torre n’est qu’une étape, normalement.
On passe le « Elmo », 16h00, et  il encore trop tôt pour s’arrêter pourtant c’est l’endroit idéal pour bivouaquer. On se dit qu’il y aura moyen de faire un bivouac plus haut de toute façon.
Ben hallucine sur les formations de givre au dessus de sa tête
On continue et on fait la traversée en mixte ; le brouillard est entrée dans la partie depuis plusieurs longueurs. On ne voit pas plus loin que 30 mètres. Ici plus question de bivouaquer il y a trop de terrassage à faire et surtout c’est de la glace.
On se perd à moitié et je me farci une longueur peu commode.
Mais où on est ?
On retrouve la voie et Ben enchaîne, il s’arrête avant le bout de corde prétextant qu’il y a une grande portion de vertical devant lui ne permettant pas de progresser corde tendue. Je ne le vois plus dans se brouillard et il me fait venir.
Ben à l'ouvrage
Il s’avèrera ensuite que l’on était dans le headwall, dans une des longueurs les plus raides de la voie. Je continue et avale un mur vertical de 30 mètres, cette fois ci sans le sac. Il avait raison c’était mieux de ne pas faire de la corde tendue.
C'est mieux sans le sac !!
On arrive du coup à se repérer par rapport au topo, et on sait à présent qu’il nous reste 3 longueurs pour arriver jusqu’au sommet. En dessous de nous on entend jouer de la flûte, c’est Sean qui joue un air de Noël, ils se sont sûrement arrêtés vers l’« Elmo », un bon emplacement de bivouac. Dès qu’il finit de jouer les autres cordées applaudissent et sifflent, il y a comme un air de fête sous nos pieds.
Nous, nous continuons à grimper dans ce brouillard, et je suis un peu jaloux de la soirée qu’ils vont tous passer ensemble, dommage.
Mes chaussures bien que quasi neuves au début de l’expé ont durement souffert lors des deux premières ascensions et sont désormais plus du tout étanche et à moitié arrachées à l’avant. Il n’en faut que peu pour que mes orteils dépassent. Je souffre d’un froid intense qui ne s’apaise que très peu dans les longueurs. Il est déjà 18h00 et nous devons continuer. Ben reprends le flambeau et fait une longueur de 70 mètres. Ça y est le brouillard se déchire et nous voyons le sommet, encore deux longueurs. Je me charge de la première et arrive sur une arête confortable à une longueur du sommet. Ben me rejoint, nous décidons de bivouaquer là en creusant un peu la neige-givre. Deux cordées sont présentes, une qui descend en rappel et l’autre qui commence la dernière longueur. Étonnant, on ne les avait ni vu, ni entendu depuis le début de l’ascension. Une fois l’emplacement de bivouac achevé le brouillard disparaît complètement laissant un panorama hallucinant nous submerger.
Le bivouac à une longueur du sommet
En même temps que nous faisons fondre de la neige avec le réchaud nous mitraillons le paysage à l’aide de nos appareils. Le seul hic, se sont mes chaussures trempées, qui ne pourront pas sécher, c’est une certitude, et notre fatigue intense après plus de 2700m de dénivelé, depuis 3h30 ce matin. Il est 20h00 et nous commençons à peine à nous installer au bivouac.
Dans ma tête la suite du programme envisagé est fortement compromise avec mes chaussures trempées, c’est un peu trop risqué. On a appris en plus à nous méfier de ces prévisions météo qui sont assez précises pour les 24 heures à venir mais peuvent légèrement se modifier par la suite, notamment par rapport à la force du vent.
Nous nous endormons vers 3100m d’altitude, au dessus de nous la fameuse dernière longueur du Cerro Torre, quasiment toute en glace, du jamais vu. Mon sac de couchage commence à pomper l’humidité de mes chaussures mais cela ne fait que renforcer cette sensation de froid, le vent se lève et je regonfle mon matelas toutes les heures. Cette nuit ne sera pas de tout repos …
Mardi 25 décembre, 6h00 du matin, c’est l’heure d’ouvrir les cadeaux, et quel cadeau. Une fois le petit dèj’ avalé, on range le bivouac, je remets mes chaussures moites, je n’ai réussi qu’à réchauffer l’humidité durant la nuit, mais elles sont toujours trempées. Il y a du vent du sud ce matin, ça rafraîchit l’ambiance, mais pas le moral.
Vient le moment de savoir qui va faire cette ultime longueur, Ben essaye de négocier en me prétendant que j’avais fait les deux longueurs dures la veille. Je lui dis aujourd’hui est un autre jour et il n’y a pas de pitié, ce sera « chi-fou-mi » en une manche gagnante.
C’est la mort subite, chacun de nous deux à rêvé de gravir cette longueur en tête depuis des années et ça va se jouer avec ce jeu enfantin qu’est le « papier-ciseaux-caillou », horrible. On prépare notre outil dans notre tête et c’est parti. Deux cailloux en même temps, match nul, la tension est à son comble, je choisi la feuille et Ben sort le ciseau, je suis mort, Ben éclate de joie et s’empresse de s’équiper. De mon côté j’accepte la défaite et me console car je ferai de belles images.
6h45, Ben attaque la longueur, les cordes volent avec cette brise du sud, il avait équipé ses Nomics avec des ailettes pour pouvoir creuser la neige, mais la longueur est quasi toute en glace et elle lui empêche de planter proprement ses lames. Il galère plus que s’il ne les avait pas mises, par chance (ou pas !) une des ailettes mal serrée à disparu dans le vide et il se retrouve ainsi avec un piolet normal. Du coup ça va beaucoup mieux et il court à présent s’engouffrer dans le tunnel de givre terminal.
Ben, go for it
Le tunnel en second
Je le rejoins rapidement, il reste 20 mètres pour atteindre le sommet, on se désencorde et marchons vers le sommet. Il est 7h30, et nous foulons ce sommet tant convoité et rêvé. Nous crions, dansons, rions et finalement nous nous félicitons pour cette belle expé 100% réussi.
Ben et moi à la cumbre du Torre
Nous nous en arrêterons là, mes chaussures et le vent font que nous redescendrons par le même itinéraire.
Faute de champagne nous fêtons le sommet et Noël par la même occasion avec un bon gros cigare cubain. Ne sachant pas comment ça se fume, on c’est à moitié étouffé, mais bon c’était la class quand même.
Une vue de dingue, je vous dis
On mitraille le paysage, une mer de nuage entoure le Fitz Roy, nous voyons le Hielo Continentale en entier, on est seul sur cette îlot de givre, c’est juste magnifique.
Une vue rare en Patagonie
On attaque les rappels et très vite nous croisons, une, deux, quatre, huit cordées, hallucinant !!!
C’est Bagdad, tout le monde grimpe en même temps, les cordes se croisent, des cordées rouspètent, car des morceaux de glace leur tombent dessus. Il y a même des cordées qui grimpent à plusieurs de front, pour essayer de doubler. Heureusement pour nous, nous avons fait ces longueurs la veille.
Plus bas Sean et Stéphane grimpent tranquillement en queue de peloton, ils ont oublié de se réveiller, la poisse, ils reçoivent tous les débris de glace et neige des autres cordées. Mais ça n’a pas l’air de les déranger.
Nous continuons les rappels et rattrapons une autre cordée qui descend. C’est un guide argentin avec un client qui fait demi-tour car il y a trop de monde, son client n’est pas en sécurité.
C’est ahurissant de voir ça dans cette voie qui a connue en moyenne une cordée par an. Et là c’est près de 15 cordées (28 personnes au total) en 2/3 jours, un record. C’est dû au déséquipement de l’ancienne voie normale du « Compressor » en face est, par des américains.
Avant, la voie du « Compressor » était bondée car techniquement très facile (du tire clou sur 400 points en place). A présent qu’ils en ont retiré plus de 120, c’est devenu un challenge de haut vol, il n’y a plus de place pour les amateurs. Par défaut tout le monde s’est rabattu dans la voie de la face ouest, c’est pour cette raison que c’est n’importe quoi à présent.
Il est environ midi quand nous finissons les rappels, le soleil tape dur, il fait très chaud et il va falloir traverser le glacier et remonter au col Standhardt. La neige est molle et l’insolation n’est pas loin. On ne prend pas de risque et on se transforme en « Casper le petit fantôme » en appliquant une bonne couche de crème solaire.
On s’enfonce allègrement dans cette neige humide, c’est très éprouvant et nous avançons lentement. La trace passe à travers plusieurs mauvaises crevasses et c’est à quatre pattes, voire allongés sur la neige, que nous les franchissons, afin de mieux répartir notre poids pour ne pas passer à travers les ponts de neige. Nous avançons au rythme d’un escargot et le soleil de plomb nous ramolli. Nous faisons plusieurs pauses pour faire fondre de la neige et boire. La remontée au col est éprouvante et ce qui va nous miner le moral, c’est lorsque nous allons arriver au pied. La goulotte qui était présente la veille à complètement disparu, fondue par le soleil. Nous refaisons de l’eau et décidons de grimper dans le rocher.
Ben à l'attaque du couloir menant au col Standhardt
Deux grandes longueurs de 60 mètres plus tard, nous somment au col. Ces deux longueurs étaient plus pénibles que dures. Il est 22h00 et nous attaquons enfin la descente côté « Nipo Nino » à l’ombre cette fois ci.
Devant nous le Fitz Roy en partie dans l’ombre du Cerro Torre ; amusant cette vue.
L'ombre du Torre, Egger, et Standhardt sur la face ouest du Fitz
Nous rejoignons enfin la tente vers minuit, et nous voyons ce bâtard de renard roder autour de notre campement. Le renard a réussi à enlever quelques pierres et a pris notre lyophilisé et quelques autres précieuses énergies qui nous faisaient tant rêver sur ce retour interminable. On rage, on essaye de le toucher avec quelques pierres mais rien à faire, le mal est fait, nous aurions dû mettre le double de pierres pour être sûr que tout reste en place à notre retour.
1h00 du matin, nous sombrons dans un profond sommeil, je n’ai plus la motivation de regonfler mon karimat, je dormirais sur mes vêtements.
Le Cerro Torre vu depuis "Nipo Nino"
Ce qui est sûr à présent c'est que nous avons plein de projets à concrétiser dans ce massif. Maintenant que ces montagnes sont dans la poche il va falloir revenir pour des choses plus techniques, peut-être un enchaînement et surtout pour en prendre encore plein les mirettes.

jeudi 20 décembre 2012

Première sur l’Aguja Standhardt via « Tomahawk » et « Exoset » en libre à la journée !!!

Eh oui, la cordée de sudistes à encore frappé. Cela faisait une dizaine de jours qu’on tournait en rond à El Chalten à regarder la météo.

Jeudi 11 : Nous sommes allés repérer l’approche jusqu’au camp avancé de «Nipo Nino» au pied de la face Est du Cerro Torre  et faire une dépose de matos pour la prochaine fenêtre de beau. 6h00 de marche plus tard, nous sommes au camp, mais il pleut, nous faisons demi tour sans avoir rien vu autour de nous.
C'est bien de repérer l'approche
 Par contre repérer cette marche sera un bonus pour la prochaine fois car il s’avère que le chemin le plus rapide est loin d’être évident. Retour en 4h30, on est bien fatigué, mais au moins le matos est là-haut, la prochaine fois on ne montera que la nourriture.
La marche jusqu'à Nipo Nino
5 jours se passent avant qu’une éclaircie arrive, on est dans les starting blocs. Mardi 16, nous montons dans la matinée au camp avancé. Au début la vue est dégagée, mais ça se couvre vite et des nuages nous cachent la vue à la moitié de la face. Arrivés au camp nous hésitons encore ; si nous basculons en face Ouest pour tenter la « Ragni » au Cerro Torre.

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Il est tombé beaucoup de précipitation et la neige est bien présente.  De plus, cela fait 20 jours que personne n’à essayé la voie ; du coup l’approche au pied de la face Ouest peut prendre 10h00 facilement, à brasser dans 50cm de neige fraîche. Après il faut bien compter 12h00 de grimpe sans compter le temps qu’il faudra pour creuser le tunnel de la dernière longueur clé (le fameux champignon en glace-givre). Après cela il faut redescendre en rappel et remonter le col Standhardt et rejoindre le camp, environ 10h00. Bref, on n’est pas couché et la météo annonce plus ou moins 36 heures de beau sans trop de vent.
La vue depuis le camp avancé sur le Fitz Roy et ses satellites
Après moult concertations et discussions avec d’autres cordées, nous décidons de ne pas tenter le Cerro Torre ce coup-ci, c’est un peu juste. Il faut savoir qu’en Patagonie on ne peut pas jouer avec la météo car personne ne viendra nous chercher. Beaucoup se sont fait avoir et ne sont plus là pour en parler.
Il nous reste encore 15 jours d’expé, on opte donc pour une solution de repli. Je pars en direction du fond de la vallée pour repérer s’il y a des traces et voir à quoi ressemblent les faces et diverses goulottes. 
Ben reste au camp et soigne ses ampoules.
Le col Standhart et la ligne de Tomahawk, complètement à gauche

Je mitraille les différentes faces pour ramener de quoi réfléchir avec Ben. 
Une ligne me saute aux yeux mais ça va être dur. 
Entre temps plusieurs cordées redescendent du col Standhardt. 
Ils ont tous essayé la voie « Exoset » et butté à la première longueur. Apparemment une fissure pleine de glace les ont fait rebrousser chemin.

Je rentre au camp et on analyse les différentes options. 
Première option essayer « Exoset » et  franchir l’obstacle de la première longueur, ça nous parait l’objectif le plus facile à réaliser pour assurer une voie.

Deuxième option, bien plus intéressante : partir dans une goulotte bien plus bas que le col, « Tomahawk » et enchaîner directement « Exoset » à sa sortie. 
Ça fait une ligne directe et logique vers le sommet mais ce n’est pas la même affaire. 
800 mètres de goulotte raide avec environ 5 longueurs entre le grade 5 et 6, et le soleil qui arrive dessus à 6h00 du matin !!! Il va falloir partir tôt si on veut faire doublette.

Il est 17H00, on mange et on va se coucher, réveil prévu 21h40 pour partir en début de nuit, c’est tout décidé : demain on se fait une pure journée de goulotte.

Le réveil sonne il fait toujours jour, Ben comme à son habitude ronchonne et attends que le petit déjeuner soit prêt pour se lever (Quel fouine celui là !!). 
Ça y est, on est fin prêt, sac sur le dos, le ventre plein, nous partons vers 22h30 à l’assaut de l’aiguille Standhardt. 
On profite d’un regèle moyen mais la trace est faite, on avance bien et en 2h30 on est au pied de « Tomahawk ». La première longueur est pas très engageante et paraît très délicate et super raide, Ben se propose pour se dur labeur. Dans ma tête je me dis "ouf ce n’est pas moi qui vais me faire peur de bon matin". Il est 1h00 du matin, il fait nuit noir.

En effet, 1h15 plus tard Ben arrive au relais, il a tout donné. Du bas des plaquages foireux et des protections moyennes faisaient froid dans le dos, mais Ben léger et technique a déjoué les pièges de cette cheminée dièdre. 
Je pars à mon tour dans cette longueur et très vite mon sac à dos me tire en arrière, c’est sacrément raide. 10 mètres plus haut je vois le petit sac à dos de Ben accroché à un point. 
Me voilà avec deux sacs en train de me hisser sur des plaquages de neige glace décollés. Tout s’écroule sous mes pieds et piolets je suis à deux doigts de tomber, mais Ben assure sec. Arrivé en haut, je salue l’artiste et le remercie d’être passé en tête.

A mon tour. La suite parait plus facile mais on ne voit pas tout. Sur le topo il est indiqué que la prochaine longueur est en grade 6. 
50 mètres plus loin je fais relais au pied d’une immense longueur de glace raide ; je crois que c’est plutôt celle là le grade 6. 
Ben me rejoins et je lui propose de la faire. Il ne s’y oppose pas, bien au contraire : ses bras sont encore en vibration après sa belle prestation.
Le grade 6 easy
La longueur est plus impressionnante que dure, il s’agit d’un dièdre assez fermé, avec de la glace sur la partie droite. Du coup je me repose contre le mur derrière moi, et cette longueur n’est en fait qu’une formalité. Je mets plusieurs broches à l’aide des deux mains, en opposition entre le rocher et la glace, dément ! La suite déroule pas mal et nous arrivons rapidement sur les grandes rampes de neige que l’on avale, en corde tendue. 
Je fais la trace sur 200 mètres, en passant 2 ressauts faciles.
Les rampes faciles
Ben prend la suite pour arriver au pied d’« Exoset ». Il est 7h00 et la goulotte prend le soleil depuis plus de trois quarts d’heure. Beaucoup de petits morceaux de glace tombent en continu, mais rien d’alarmant.

On décide de continuer coûte que coûte, en faisant que des longueurs de 60 mètres, afin d’aller le plus vite possible. Cette goulotte est vraiment une raie des fesses, c’est très pur comme ligne et d’une raideur incroyable. Parfois nos épaules touchent les 2 murs verticaux de part et d’autre, hallucinant !
Ben est juste assez large
Ça parpinne de plus en plus et c’est tête baissée que nous grimpons et assurons. Ça tombe en permanence ; en gros c’est la guerre. 
Ben me fait tomber un bon bloc de rocher en plein milieu du casque. J’ai enfin testé ce nouveau casque ultra light de Petzl, le « Sirrocco ». Eh bien à présent, je lui fais confiance à 100%. Ça m’a bien secoué la tête et le casque va sûrement finir sa vie en Patagonie ou dans ma vitrine de salon.
Une pure goulotte
La glace commence à présent à bien ramollir, et ça pleut littéralement dans la goulotte. Mais les longueurs sont toutes aussi raides ; plus on monte et moins on se prend des chutes de glace. Les deux dernières longueurs nous paraissent interminables, nos bras n’en peuvent plus et nous sommes trempés. 
Au relais on lutte pour se réchauffer ou plutôt réchauffer nos vêtements imbibés. L’eau coule le long de nos piolets puis des gants et enfin entre par la manche quand on a le bras tendu en l’air pour grimper, abominable.
Sa mouiiillllle !
On arrive enfin au petit col, nous sommes exténués.  La longueur suivante, pour atteindre la neige glace qui forme le sommet, est horriblement dalleuse. On n'a plus la force de nous battre ; nous pensons même à redescendre. 
Le temps de se réchauffer et de manger un saucisson et un peu de fromage, la motivation remonte. C’est trop bête de butter là ; on en a trop chié pour renoncer aussi haut.
Saleté de dalle ; on a failli buter
A nouveau Ben se lance pour un ultime combat. 45 minutes plus tard et quelques assoupissements inattendus de ma part, il crie victoire, car la suite est plus facile, et surtout il voit le sommet, hourra. Je le rejoins en quatrième vitesse et enchaîne une traversée en neige et glace de 100 mètres, on est au pied du champignon sommitale. Je laisse l’honneur à Ben de se régaler avec cette formation si originale et tant attendue. On vit un rêve d’alpiniste.
Ben au pied du champi
8 mètres plus haut c’est le sommet, ça y est ; on est en haut de l’aiguille Standhardt.
Encore un sommet de plus : )
La vue est magique, on à l’impression de pouvoir sauter sur le Cerro Torre tellement ça a l’air proche. On le dévore, l’analyse sous toutes les coutures, on s’en imprègne, c’est sûr celui là il nous le faut.
Cerro Torre, on t'aura

Nous commençons la descente, tous les rappels vont se dérouler normalement
Les rappels
et vers 20h00 nous sommes de retour à la tente. Tout c’est déroulé comme sur des roulettes.

Un poil défoncé mais surtout brûlé vif
De retour à El Chalten on parle de cette voie à plusieurs personnes et apparemment c’est la première fois que les 2 goulottes se font à la journée. Normalement les cordées bivouaquent au pied d’« Exoset » pour ne pas être trempées. 
De plus nous avons commencé Tomahawk par une nouvelle longueur et en libre. Le tracé du topo original prends en L1, une rampe en 5+ et un peu d’artif. Nous sommes passés tout droit, sous la goulotte. 
Nous avons donc signé la première ascension en libre à la journée de cette connexion, ça fait toujours plaisir, non !!!