mardi 10 mars 2009

Tout le monde grimpe

Message du 9 mars
Le dernier bulletin météo annonçant un créneau de 4 jours de beau temps, les 2 équipes (Cuernos Norte et Mascara) sont remontée sur les cordes pour finir leurs objectifs.

Photo : Le Cuernos Norte, La Mascara et le camp avancé
Que c’est il passé depuis 5 jours ?


Photo 0 : Réconfort au Cuernos avec Andrés

Comme prévu petit ravitaillement au refuge du Cuernos et rencontre sympathique d'Andrés le cuisto du refuge, avec en prime une bonne douche chaude et quelques Cervezas.
De retour au camp de base, le bulletin météo annonçant un créneau de 4 jours de beau, branle bas de combat en cuisine : il faut préparer 200 chapatis sucrés qui feront office de biscuit en paroi. Le réchaud tourne à fond jusque tard dans la nuit et toute la matinée.

En ce moment l'équipe du Cuernos est toujours dans la paroi.
Aujourd’hui, l’équipe de la Mascara est descendu au camp de base, bien fatiguée et chargée comme des mules. Le repos est de mise.

La suite des événements va dépendre de la météo ; il nous reste environ 10 jours avant de retourner à Puerto Natales. Pour l’équipe Cuernos, nous aurons des nouvelles mardi par radio lors d’un point météo. En espérant fêter un nouveau sommet prochainement !
L’ENJA a buté mais est contente.
PS : Félicitations à Vincent le WebMaster de FFME récemment devenu PAPA

Retour sur les derniers jours de l’équipe de la Mascara.
Pour la Mascara, la stratégie choisie est de fixer 400m de corde et de partir pour le sommet.
Le premier jour se sont Fabien et Julian qui attaquent et fixent les 4 premières longueurs ; non sans difficulté, le rocher n'étant pas encore tout à fait sec.
Le soir Founet et Romaric les attendent au camp avancé avec la nourriture nécessaire pour 4 jours. Le lendemain le réveil est difficile : le vent a soufflé une partie de la nuit et il pleut.
Avec un peu de retard, Founet et Romaric décollent du camp, remontent les cordes fixes et commencent à grimper, le soleil fait son apparition, la journée sera belle, la face étant abritée du vent. 4 longueurs de corde supplémentaires sont fixées, dont la longueur d’A3 qui se révèle moins difficile qu'attendue. Pendant ce temps, Fabien et Julian équipent correctement la descente en rappel pour gagner du temps et de la sécurité lors du déséquipement.
Le lendemain l’assaut final est au programme.
Dimanche 8 mars, lever 4 heures, les 400m de cordes fixes sont remontés, l’équipe réduite (Romaric, Julian et Fabien) arrive au lever du soleil sur la vire où s’arrêtent les cordes.
Julian s’équipe, et part dans la première longueur, l’itinéraire est complexe, le topo est peu précis. 4 heures plus tard, l’équipe est au pied de la longueur la plus difficile : 6C, c’est une superbe longueur de Taffonis (granit sculptée par le vent, lui donnant des rondeurs) on comprend pourquoi, car maintenant le vent s’est levé, il est assez fort pour faire soulever les marteaux à la verticale !
A 15h30, l’équipe n'a fait que 4 longueurs sur les 12 qu'il restait pour aller au sommet. Le vent a épuisé leur NRJ, les prochaines longueurs sont encore longues et la descente en rappel ne s’effectue pas dans la voie.
Que faire ? aller au sommet et descendre de nuit ? D’un commun accord l'équipe décide de descendre et jouer la sécurité ; tant pis pour le sommet, mais le plaisir était bien au rendez-vous dans cette escalade.
5 heures plus tard ils redescendent fatigués après avoir déséquipé les cordes fixes. Chapeau à l’ouvreur Twid Turner pour cette voie, il faudra revenir pour les dernières longueurs de « A Few Dollar More » ED 850m 6C A3

Photo 1 : Romaric à un relais venté et plein Gaz à la Mascara.


Photo 2 : Julian et Fabien sur la Mascara






jeudi 5 mars 2009

Répétition "for a fistfull of dollars, Cuernos Norte

Avant d'entrer dans la technique, juste un peu de rêve !

Non, ce n'est pas un superbe couché de soleil... c'est un lever de soleil magnifique prise au réveil de la deuxième nuit sur portaledge (vous savez "un lit de paroi suspendu par un sytème de sangle à la paroi). Merci au photographe.





Suivons d'un peu plus près l’équipe de Cyril, Fred et Jean-Michel dans leur voie en artif déversante de 800m avec une cotation A3+(promis ce week-end, je cherche à quoi correspondent ces cotations).
Samedi la mauvaise météo ne les démotive pas. De toute façon la neige ne colle pas dans les faces déversantes !
Dimanche, après la chute de neige, l’équipe remonte les 3 longueurs, heureusement fixées la veille, car le socle est tout plâtré de neige. Et c’est ici que commence la technique de l’escargot, l’éloge de la lenteur.
Ce jour là l’équipe gagne une longueur et perd du temps dans une autre n’aboutissant à rien.
Et oui : ils évoluent sans le topo !
Le rocher se désagrège, part en sucre ou en petit feuillets rendant les longueurs délicates et laborieuses.
Première nuit sur portaledge. Le temps est correct et surtout sans vent, rare privilège, très appréciable. Le réveil est déjà très douloureux pour les mains meurtries.
Le temps reste le même et deux autres longueurs sont fixées.
Deuxième nuit sur ledge. le réveil est féerique avec le lever du soleil en ligne directe.
Ils "artiffent" à nouveau 3 longueurs, chaque longueur prend du dévers, l’ambiance est impressionnante, c’est le «cœur du poulet» !
Ils remontent le bivouac plus haut et se mettent à l’abri d’un mauvais temps annoncé…
La suite au prochain numéro.
Ci-dessous : Jean-Michel déséquipe une longueur pendant que Cyril remonte sur la stat. Puis Cyril dans la dernière longueur de la voie... pas moins de 4h30 tout de même.





Tous de retour à la cabane

Mercredi 4 mars, toute l’équipe est au camp de base pour récupérer.
Cette journée de repos (4 mars) est maussade, elle va s’articuler entre faire à manger (pates et chapatis), lavage, sieste et cartes…
mais surtout il va falloir aller chercher à manger dans les refuges de la vallée car les ingrédients
de base pour les chapatis (eau+ farine, cuisson en galette à la poèle) manquent.
Pour l'ambiance, ci-dessous, Paine Grande vue depuis l’almirante nieto











Et côté grimpe, rappelez-vous, pour samedi, séparés en 2 équipes le programme était à la "répétition" (suivre la voie ouverte par quelqu'un d'autre - une trace répertoriée et topographiée) avec une prévision "exceptionnelle" de 3 jours de beau temps sans vent.

D’abord la météo, pas tout à fait comme prévue : trois jours de mauvais (neige, pluie, vent par intermittence) puis deux jours de beau temps.
Pour l’équipe de Cyril, Fred et Jean-Mi, l’objectif est atteint : escalade en artificiel d'une voie de Twid Turner sur le Cuernos Norte, "pour une poignée de dollars). La météo des premiers jours ne les démotive pas. De toute façon la neige ne colle pas dans les faces déversantes ! Suivre le récit dans message séparé.

Quand à l’autre équipe (Founet, Fabien, Romaric et Julian), ils avaient décidé de répéter une autre voie de Twid Turner sur la Mascara "For a few Dollars More’ ED3.
Photo 2 : l’itinéraire de l’almirante nieto vue du cuerno norte


Rappel dans le goulotte de l’almirante nieto


Mais c’est une voie de libre qui nécessite que la paroi soit sèche pour grimper. "Par équipe de 2 nous attendons le soleil salvateur au camp avancé au pied de la face. Dans l’après midi la neige commence à tomber, nous décidons alors de rester dormir au camp en espérant une éclaircie le lendemain. La nuit aura été épique à 5 dans une tente trois place : les artificiers (l'autre équipe)étant redescendue sur terre après leur 1ere journée de grimpe.
Dimanche, après un nouveau bulletin météo, l’équipe du Macsara change d’objectif et décide de traverser l’Almirante nieto pour redescendre sur le vallée d’Ascencio.
Après repérage, un itinéraire évident est fixé.
Lundi, après un bivouac sur la moraine, nous remontons un pierrier démesuré pour enchaîner avec une courte goulotte, puis test de cramponnage 10 pointes :une grande traversée en neige et glace 2000 mètres au dessus du bivouac.
Une courte arête schisteuse mène rapidement au sommet.
Et là, surprise... La carte peu précise nous a trompé.
La descente vers la vallée d’ascencio est verticale.
Donc pas le choix, il faut redescendre par l’itinéraire de la montée.
En bref ce fut un itinéraire exprès (4h30 de montée) pour un panorama à360 degré, splendide, sur toute la Patagonie.
L’ENJA profitait du temps clément